Un ramadan d'espoir et de défis à Gaza

Des moments de joie éphémères illuminent ce ramadan à Gaza, entre défis et espoir.
Un ramadan d'espoir et de défis à Gaza
Des Palestiniens déplacés allument des feux d'artifice pour célébrer le début du mois du ramadan, dans un camp du centre de la bande de Gaza, le 17 février 2026 © Eyad Baba / AFP

Gaza (Territoires palestiniens) – Alors que les tentes s'alignent dans les ruines, des lanternes multicolores illuminent un ramadan qui, malgré les souvenirs de conflits, introduit de timides moments de réjouissance pour les Palestiniens de Gaza.

Ce ramadan est le premier depuis le cessez-le-feu arrêté le 10 octobre entre Israël et le Hamas. Avant l'aube, des fidèles se sont réunis pour prier à la grande mosquée Omari de Gaza-ville. "Nous sommes là malgré l'occupation et les destructions", déclare Abou Adam, un habitant de cette région ravagée. "Alors qu'environ 80% de la population souffre de pauvreté, nous avons choisi d'honorer ce mois sacré".

Malgré une trêve de quatre mois, des tirs fréquents et des frappes créent un climat de tension persistante. Les deux camps s'accusent mutuellement de violer la trêve, laissant plus de deux millions de Gazaouis dans l'incertitude, alors que la reconstruction tarde à progresser après le déclenchement du conflit en octobre 2023.

Des sentiments mitigés

Nivin Ahmed, une femme de 50 ans réfugiée dans le camp d'Al-Mawasi, confie ses émotions ambivalentes. "C'est le premier ramadan sans guerre en trois ans, mais notre joie est étouffée par la mémoire de ceux qui nous manquent". Les marchés commencent à se remplir, mais les prix sont si élevés que peu peuvent s'offrir des mets traditionnels.

"La table de ramadan n'est plus qu'un souvenir de festins passés. Pour certains, il n'y a même pas de quoi préparer un simple plat", se lamente-t-il. Cependant, d'autres expriment une certaine allégresse malgré les circonstances. "Les chants et les lumières illuminent notre abri, apportant un sourire aux enfants", raconte Khitam Ayada, 30 ans, mère de famille.

Une tentative de renaissance

Mohammed al-Madhoun, un père de 43 ans, ajoute : "Nous espérons que ce ramadan sera le dernier passé sous une tente. Les enfants grandissent avec des rêves de fête, alors que la réalité reste difficile". Alors que des artistes comme Yazeed Abu Jard sculptent des messages d'espoir dans le sable de Deir el-Balah, des voix s'élèvent pour dire que ce ramadan est un symbole de résilience. "Nous voulons montrer au monde que malgré tout, nous célébrons", conclut-il.

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