Le 18 février, José Maria Balcazar, membre du parlement de gauche, a été élu président du Congrès péruvien, ce qui le propulse automatiquement à la présidence par intérim après la destitution rapide de José Jeri. Ce changement survient dans un cadre d’instabilité politique durable qui caractérise le pays andin.
A 83 ans, cet avocat et ancien magistrat est le huitième président du Pérou depuis 2016. Il assurera la présidence jusqu’à l’élection de son successeur, prévue fin juillet, après le scrutin présidentiel d'avril. "José Maria Balcazar Zalada a été élu président du Congrès de la République. En conséquence, il assumera l’intérim de la présidence de la République du Pérou", a déclaré le Parlement sur son compte Twitter.
Élu lors d'un second tour de vote après que le premier n'ait pas réussi à attribuer une majorité claire, Balcazar a obtenu 60 voix, contre 46 pour sa concurrente centriste Maria del Carmen Alva. "Nous allons garantir au peuple péruvien qu’il y aura une transition démocratique et un processus électoral pacifiques et transparents", a-t-il souligné après son inauguration.
Néanmoins, son ascension est marquée par contreverses. En 2023, il avait été au cœur de vives critiques pour des propos jugés inappropriés au sujet des relations sexuelles précoces, une déclaration qui avait suscité l'indignation du ministère de la Femme et d'organisations de défense des droits humains. De plus, il fait face à des enquêtes pour corruption et détournement de fonds, insistant sur la complexité de son entrée en fonction.
L’analyste politique Augusto Alvarez, interviewé par l'AFP, évoque des doutes quant à la stabilité de Balcazar, notant : "On ne peut pas garantir que celui qui remplacera Jeri puisse tenir jusqu’en juillet".
Un départ controversé : les raisons de la destitution de José Jeri
La nomination de Balcazar fait suite à la destitution de José Jeri, soutenue par 75 voix, qui a été accusé d’inaptitude et a été la cible de plusieurs enquêtes préliminaires liées à des allégations de trafic d’influence. Sa chute a été précipitée par des révélations d'une rencontre secrète avec un homme d’affaires chinois, ainsi que des accusations concernant le recrutement de femmes au sein de son gouvernement.
Dans un message vidéo posté sur TikTok, Jeri a déclaré quitter ses fonctions avec "le cœur plein et en paix", affirmant qu'il continuera ses efforts politiques depuis le parlement. "Il n’est pas simple de résoudre en quelques mois ce qui est resté en suspens pendant des décennies", a-t-il ajouté.
Cette situation souligne la fragilité institutionnelle du Pérou, où quatre présidents ont été destitués par le Parlement et deux ont démissionné, témoignant d'une instabilité récurrente qui soulève des inquiétudes quant à l’avenir politique du pays. Le scrutin prévu pour le 12 avril, réunissant plus de trente candidats, marquera également un retour à un Parlement bicaméral.







