Un club pas comme les autres. Destiné à favoriser la reconstruction de Gaza, le « Conseil de paix » lancé par le président américain Donald Trump a tenu sa première réunion ce jeudi à Washington, marquant un tournant dans la résolution des conflits à l’échelle mondiale.
Quel pays participe au lancement de cet organisme ?
Quarante-sept pays sont représentés, bien que seuls certains en soient membres à part entière. L’Union européenne, quant à elle, observe la réunion.
Israël sera représenté par son ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar, tandis que le Premier ministre hongrois, Viktor Orbán, et le président argentin, Javier Milei, seront également présents. Plusieurs pays arabes ont rejoint l’initiative, avec l’Egypte représentée par le Premier ministre Mostafa Madbouly et la Jordanie par le ministre des Affaires étrangères Ayman Safadi.
La présence du président indonésien Prabowo Subianto et d’autres dirigeants d’Asie centrale est également attendue.
Qui garde ses distances ?
Les principaux alliés traditionnels des États-Unis, ainsi que certains rivaux, ont majoritairement choisi de ne pas rejoindre le « Conseil de paix » en tant que membres fondateurs.
L’Europe montre des signes de division : des pays tels que l’Italie et l’Allemagne participent en tant qu’observateurs. L’Union européenne a opté pour une approche similaire, avec la présence de la commissaire Dubravka Suica. En revanche, la France et plusieurs de ses voisins, dont l’Espagne, la Belgique et l’Irlande, critiquent cette décision. La participation du Canada a été annulée, tandis que le Vatican a décliné l’invitation.
La Chine, bien qu’invitée, a démontré peu d’intérêt, préférant rester fidèle à un système centré sur l’ONU. Le Japon a annoncé qu'il enverrait un représentant lié aux affaires de Gaza, sans garantir une participation formelle.
Sur quoi porteront les discussions ?
Les discussions se concentreront principalement sur la reconstruction et la stabilisation du territoire palestinien. Malgré une trêve de quatre mois, des échanges de tirs continuent d’empoisonner la situation dans la bande de Gaza, où Israël et le Hamas se renvoient la responsabilité des violences.
La Maison-Blanche prévoit l’annonce d’un engagement financier de 5 milliards de dollars pour Gaza, ainsi que l’envoi de « milliers » de soldats dans le cadre d’une mission de stabilisation. Cependant, l’expert Jeremy Issacharoff, de l’Université Reichman, souligne que « beaucoup plus que cinq milliards de dollars » seront nécessaires pour la véritable reconstruction.
Quelle crédibilité pour cet organisme ?
« Il est difficile de définir clairement ce qu’est le « Conseil de paix » », observe Bruce Jones, expert de la Brookings Institution, voyant en ce projet un mélange d’ambitions et d’incohérences. Max Rodenbeck, analyste au sein de l'International Crisis Group, prévient que la crédibilité de cet organisme pourrait rapidement s’effondrer sans résultats concrets, notamment sur le plan humanitaire.
Cet organisme peut-il concurrencer l’ONU ?
Au-delà de Gaza, le « Conseil de paix » aspire à garantir une paix durable dans les régions en conflit. Paradoxalement, ce projet pourrait rivaliser avec les Nations unies, que Trump critique pour leur inefficacité. Les membres permanents du conseil doivent ainsi contribuer un milliard de dollars pour participer, entraînant des critiques sur l'éventuelle création d'une version « payante » du Conseil de sécurité. Le président brésilien Lula a qualifié cette initiative de « nouvelle ONU dont Trump serait le seul maître ».







