Alors que le Conseil de la paix de Donald Trump tient sa première réunion ce jeudi, l’historienne Alanna O’Malley, spécialiste des affaires internationales, partage son analyse sur ce nouvel organe. Selon elle, cette initiative vise à renforcer l’influence américaine à l’échelle mondiale, en contournant l’ONU.
Officiellement créé pour superviser le cessez-le-feu entre Israël et le Hamas à Gaza, le Conseil de la paix, selon les déclarations des fondations, a un mandat bien plus vaste. D’après sa charte signée lors du Forum économique mondial de Davos, il se donne pour mission de promouvoir la paix et la stabilité mondiales, tout en prônant des gouvernances conformes au droit international.
Ce faisant, certains experts interprètent cette démarche comme une tentative de Trump de marginaliser l’ONU, affaiblie par ses propres difficultés financières, en faveur d’un organe multilatéral qui lui serait directement subordonné. En effet, la création du Conseil intervient alors que l’ONU est confrontée à un "effondrement financier imminent" selon Antonio Guterres, son secrétaire général.
Des sources rapportent que près de 4 milliards de dollars restent dus par les États-Unis, représentant la majorité des arriérés du budget ordinaire de l’ONU. Même si Washington assure qu’il entamera bientôt le remboursement de ses dettes, les dommages causés à la réputation de l’organisation sont déjà palpables.
Alanna O’Malley souligne que ce Conseil de la paix, aligné sur l’agenda "Make America Great Again", pourrait inciter les membres de l’ONU à agir pour réformer une institution en déclin. Elle note : "Créer une institution alternative comme le Conseil de la paix détourne les ressources qui pourraient être investies dans l’ONU, aggravant sa situation déjà précaire. Cela représente un véritable défi pour l’efficacité et la légitimité des Nations Unies."
Un aspect clé est que le Conseil de la paix semble également servir l’ego de Trump, qui pourrait en devenir le président à vie, avec un droit de veto sur toutes manifestes décisions. Ce modèle, qui reflète davantage une action personnelle qu'une mission collective, soulève des interrogations quant à sa crédibilité.
Dans le contexte actuel, où de nouvelles puissances émergent sur la scène internationale, la pertinence de l’ONU est remise en question. Les pays du Sud Global, par exemple, ont souvent utilisé cette plateforme pour faire avancer leurs intérêts, malgré les résistances des nations occidentales.
O’Malley conclut que même si le Conseil de la paix peut sembler une réponse à la montée des influences non occidentales, il s’inscrit dans une logique où les États-Unis cherchent à préserver leur pouvoir global, renforçant ainsi des idéologies basées sur des sphères d’influence. En somme, la dualité entre le Conseil de la paix et l’ONU pourrait ouvrir un nouveau chapitre dans les relations internationales, mais avec des implications potentiellement dévastatrices pour la coopération mondiale.
Cet entretien a été adapté de l'anglais par Bahar Makooi. Retrouvez-le dans sa version originale ici.







