Paris (France) – Des dizaines de militantes féministes se sont rassemblées jeudi à Paris pour soutenir la comédienne Judith Godrèche, actuellement en conflit judiciaire avec le cinéaste Jacques Doillon, qu'elle accuse de viols sur mineurs. Ce rassemblement a eu lieu devant le palais de justice, où devait se tenir une audience pour le procès civil intenté par Doillon pour diffamation.
Les participantes, arborant des pancartes telles que "Bravo Judith Godrèche la courageuse!" et "Non aux procès-baillons", ont exprimé leur solidarité envers l'actrice. Emmanuelle Piet, présidente du collectif féministe contre le viol (CFCV), a dénoncé cette action comme une tentative de faire taire les victimes : "C’est une procédure destinée à lui faire peur et à la faire taire." Les militant(e)s des mouvements #Noustoutes et #metoomédia étaient également présents, soulignant l'importance de la voix des victimes.
Florence Montreynaud, de l'association Les Chiennes de garde, a ajouté : "Ces procès visent à intimider les victimes, les empêchant de se faire entendre et de trouver justice". Judith Godrèche, bien que présente, n'a pas souhaité faire de déclaration à son arrivée au tribunal.
Dans un post Instagram récent, la comédienne de 53 ans a qualifié la démarche de Doillon de "procès-baillon". Elle a affirmé : "Monsieur Doillon veut me museler, volé mes mots et violé mon corps. Quand cela s'arrêtera-t-il?" Son message évoquait un précédent post dans lequel elle critiquait le réalisateur, affirmant qu'il avait une "pratique douteuse" avec des jeunes actrices.
Godrèche, figure emblématique du mouvement #metoocinéma, avait déjà porté plainte pour viol à l'encontre de Benoît Jacquot, un cinéaste avec qui elle avait eu une relation à 14 ans. Bien que certaines accusations envers Doillon soient prescrites, une enquête est en cours suite à d'autres plaintes contre lui.
Actuellement, Jacques Doillon, qui conteste les allégations portées contre lui, n’a pas été mis en examen, mais demeure sous le statut de témoin assisté, laissant entrevoir un développement houleux pour les protagonistes de cette affaire. Les répercussions de ce procès s'étendent bien au-delà, touchant le cœur du mouvement féministe en France.







