Une tragédie s’est abattue sur le nord-ouest du Nigeria, où des djihadistes du groupe Lakurawa ont assassiné des dizaines de personnes lors d’attaques coordonnées contre sept villages de l’État de Kebbi. Selon les rapports de sécurité relayés par l’AFP, ces événements ont eu lieu mercredi après-midi, engendrant un tollé au sein de la communauté internationale face à cette escalade de violence. Cette situation est exacerbée par la montée des agressions notamment par des groupes armés et des bandits qui sévissent depuis plusieurs mois.
Les États-Unis, préoccupés par cette montée inquiétante, ont exécuté des frappes aériennes en coordination avec les autorités nigérianes. Ces opérations ont principalement ciblé des djihadistes dans l'État voisin de Sokoto, tout en soulignant la crainte d'une détérioration généralisée de la sécurité régionale. Le président américain, Donald Trump a exprimé son indignation face à ce qu’il qualifie de « génocide » contre les chrétiens, une affirmation contestée par les responsables nigérians qui insistent sur la nature mixte des victimes, touchant chrétiens et musulmans.
Insécurité ambiante au Nigeria
Le porte-parole de la police de Kebbi, Bashir Usman, a révélé à l’AFP que plusieurs civils ont péri alors qu'ils tentaient de défendre leur communauté. Le rapport officiel parle d’un bilan de plus de 30 décès dans cinq villages touchés. En réponse à la crise, les forces de sécurité, incluant police, armée et milices locales, ont été déployées pour sécuriser les zones affectées et rechercher les auteurs de ces attaques.
« La situation s’est stabilisée », a mis en avant Usman, qui appelle à la prudence et à la coopération des communautés locales avec les forces de l'ordre. Ce climat de tension intervient juste après le Festival des pêcheurs d’Argungu, où des milliers de personnes se sont rassemblées. Ce festival, jadis un événement célébré, souffre désormais des conséquences de l'insécurité croissante.
Djihadisme et criminalité
Kebbi, comme d’autres États du nord, fait face à une double menace : d’un côté, l’activisme des groupes djihadistes tels que Lakurawa, souvent liés à l’État islamique au Sahel; de l’autre, l’action de bandes criminelles qui mènent des attaques et des enlèvements. Cette situation précaire a poussé les autorités locales à faire appel à des milices d’autodéfense pour compenser l'inefficacité des forces de sécurité.
Les chercheurs peinent à obtenir des informations fiables sur Lakurawa, car ce terme englobe des groupes divers dans la région. Malgré cela, il est certain que ces violences entraînent des conséquences dramatiques sur le plan humanitaire, avec plus de 40.000 morts et des millions de déplacés dans le pays depuis 2009, comme l’indique l’ONU.







