Lyon se prépare pour une marche en mémoire du jeune militant d'extrême droite, Quentin Deranque, qui a tragiquement perdu la vie après une agression le 12 février. Les autorités, conscientes des risques potentiels, ont mis en place un dispositif sécuritaire renforcé pour encadrer cet événement, craignant des affrontements entre différents groupes politiques.
Ce jeune homme de 23 ans est devenu une victime dans un contexte déjà tendu entre ultradroite et ultragauche. Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a qualifié les circonstances de sa mort de "lynchage abominable". Avec une estimation de 2 000 à 3 000 participants, les autorités sont vigilantes face à la situation.
Bien que le maire écologiste de Lyon, Grégory Doucet, ait proposé d'interdire la marche, la préfecture a décidé de l'autoriser, mettant en avant l'importance de la liberté d'expression tout en étant consciente des possibles troubles à l'ordre public. Le parcours, long de 1,4 kilomètre, mènera les participants sur les lieux où l'agression a eu lieu, avec le slogan "Lyon demande justice pour Quentin, tué par les antifas".
Ce rassemblement est largement relayé sur les réseaux sociaux par plusieurs groupuscules d'ultradroite, comme les Allobroges Bourgoin, dont Deranque était membre, ainsi que divers mouvements identitaires. Des tracts en faveur de la marche ont également été distribués dans les quartiers de Lyon.
Les tensions entre ultradroite et ultragauche sont profondément ancrées à Lyon. Dans ce cadre, les autorités ont imposé des restrictions pour éviter toute manifestation en dehors du périmètre autorisé. Un dispositif de drones surveillera le cortège pour prévenir toute escalade de violence.
Plusieurs compagnies républicaines de sécurité et escadrons de gendarmerie mobile ont été déployés pour surveiller la situation, y compris dans les transports en commun et les gares. En parallèle, des appels à manifestation sont également émis par des groupes d'ultradroite et d'ultragauche d'autres pays européens.
En lien avec cette affaire, six hommes ont été mis en examen pour "homicide volontaire". L'un d'eux est lié à la Jeune Garde Antifasciste, groupe dissous pour violences récurrentes. Les tensions montent également dans le milieu politique, les Insoumis appelant à l'interdiction de la marche, la qualifiant de "vraie démonstration fasciste".
Le leader du Parti socialiste, Olivier Faure, a exprimé ses craintes quant au potentiel de cette marche à transformer Lyon en "capitale des fascistes". Pendant ce temps, le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, a déconseillé à ses partisans de s'y rendre pour ne pas s'associer à des organisateurs qu'il juge liés à l'ultradroite.
Des habitants du quartier, comme Jean Echeverria, 87 ans, partagent des sentiments de fatalisme face à cette violence récurrente. Les fenêtres des appartements proches des lieux de l'accident ont été barricadées, dans une palpitation d'anxiété palpable.
Avec cette marche, les enjeux politiques, sociaux, et les tensions entre les différentes mouvances se dessinent, mettant Lyon au cœur d'une lutte qui semble bien loin d'être terminée.







