Ce samedi 21 février, à partir de 14 heures, une marche est prévue pour marquer le quatrième anniversaire de la guerre en Ukraine, se déroulant au parvis des Droits de l’Homme, près du palais de justice et de l’École nationale de la magistrature. Ce site a été renommé « Place de l’Ukraine » le 24 février 2023, commémorant ainsi le début des hostilités.
Les associations organisatrices, telles qu'Ukraine Amitié et La Maison ukrainienne, évaluent la participation de la marche à environ 600 personnes, une baisse significative comparée à la forte mobilisation de mars 2022. Svitlana Poix, présidente de La Maison ukrainienne, a déclaré : « Lors de précédentes manifestations, la place était pleine. »
« Vision fausse du conflit »
La tendance à l'indifférence ne concerne pas seulement Bordeaux. Bien que des voix pro-ukrainiennes persistent, Anna Tiazhkorob d’Ukraine Amitié souligne un manque de connaissance du sujet : « Les gens semblent de moins en moins informés. » Olena Tchoumatchenko ajoute que certaines opinions circulent encore, témoignant d’une influence persistante de la propagande russe.
« On nous demande si la guerre est toujours en cours, ou pourquoi nous ne voulons pas céder nos territoires. »
« Le regard sur notre pays a changé », résume Oleksandra Bertin, présidente d’Ukraine Amitié. En 2022, la population française faisait preuve d'un engagement sincère en venant en aide aux réfugiés. Actuellement, cet élan semble s'être tari, bien que des messages de soutien persistent.
2 000 Ukrainiens en Gironde
Selon les dernières estimations, environ 2 000 Ukrainiens vivent en Gironde, mais leur situation reste précaire. Svitlana Poix rapporte que de nombreux aspects de leur statut leur sont défavorables, rendant leur intégration complexe. « L’État encourage à demander l’asile, mais cela implique des restrictions quant à leur retour. »
Ce verrouillage des options complique l'accès au logement et à l'emploi. Certains réfugiés possèdent des compétences précieuses, mais peinent à trouver du travail. Olena évoque le cas d'une urologue cherchant désespérément un poste en Gironde, mais ses qualifications restent inadaptées à la législation française. Ce manque de reconnaissance l'a poussée à quitter la France pour les États-Unis.
En somme, la situation des Ukrainiens, après l'élan de solidarité de 2022, revient à celle d'autres réfugiés. « Nous devons continuer de lutter, » conclut Oleksandra Bertin. Les voix de la communauté ukrainienne se feront entendre à nouveau ce samedi, pour rappeler que le sort de l'Ukraine concerne toute l'Europe.







