Furieux après l'annulation de sa politique tarifaire par la Cour suprême, Donald Trump a lancé un nouveau décret imposant un droit de douane mondial de 10 %.
Ce décret, annoncé vendredi, entrera en vigueur le 24 février et sera effectif pendant 150 jours, proposant certaines exemptions, notamment pour l'industrie pharmaceutique et les biens échangés dans le cadre de l'accord États-Unis-Mexique-Canada, selon des informations relayées par BBC News.
Cette nouvelle taxe affectera également les pays avec lesquels les États-Unis ont des accords commerciaux, comme l'Union européenne, le Japon et la Corée du Sud, qui avaient acceptés un plafond de 15 % de surtaxe. Un point crucial, car les biens canadiens et mexicains bénéficient d'exemptions dans le cadre de l'accord nord-américain de libre-échange.
« Honte absolue »
Le président Trump a qualifié la décision de la Cour suprême de « honte absolue » et a dénoncé les juges pour avoir cédé aux « influences étrangères » lors d'une conférence de presse à la Maison Blanche. Cette audace est le signe d'une volonté de ses partisans d'utiliser le protectionnisme comme un outil politique et économique.
Malgré sa colère, les marchés financiers ont montré une réaction mesurée, applaudissant principalement les géants du commerce en ligne comme Amazon et Shopify, qui pourraient bénéficier de cette restructuration tarifaire.
Un avis majoritaire de la Cour a souligné que Trump ne peut invoquer un état d'urgence économique sans une autorisation explicite du Congrès. Ce point a été appuyé par le juge en chef John Roberts, invoquant l'importance d'une telle approbation pour l'instauration de droits de douane.
Pour sa part, le sénateur démocrate Chuck Schumer a salué ce revirement comme une victoire pour les consommateurs américains, appelant toutefois à la prudence à l'égard d'autres mesures douanières.
Un climat de chaos
La décision de la Cour pourrait également entraîner des remboursements des surtaxes déjà perçues par l'État, un sujet qui s'annonce compliqué et source de tensions légales durables. L'économiste d'Oxford Economics, Gabriel Stein, a averti que la situation pourrait rapidement se transformer en « chaos », étant donné l'incertitude entourant les procédures de remboursement à venir.
En fin de compte, cette nouvelle taxe semble enchevêtrée dans une toile de relations complexes entre les États-Unis et ses partenaires commerciaux, exacerbant ainsi les tensions diplomatiques. Donald Trump continue d'exploiter les droits de douane comme un levier politique pour rééquilibrer les échanges commerciaux à son avantage.







