Emmanuel Macron a inauguré, samedi 21 février, le Salon de l’agriculture à Paris, peu avant de rencontrer différents acteurs du monde agricole, des agriculteurs aux syndicats contestataires.
En raison de l’épidémie de dermatose nodulaire, le salon a démarré sans bovins, accentuant le climat déjà tendu. Emmanuel Macron a tenté d'interagir avec tous les syndicats, affirmant sa volonté d'unir le secteur face aux crises qui le frappent, dans un contexte où le Salon international de l’agriculture (SIA) devint un symbole des enjeux agricoles actuels.
Le syndicat de gauche, la Confédération paysanne, a renouvelé son boycott des rencontres présidentielles, dénonçant une « cogestion insupportable » avec la FNSEA et les Jeunes Agriculteurs, deux acteurs majeurs du paysage syndical. Pour sa part, la Coordination rurale, qui remet en question l'autorité de la FNSEA, a exprimé sa volonté de discuter avec tous les syndicats, mais refuse de participer à une rencontre sous le règne d'un « salon de la souffrance » agricole. Son secrétaire général François Walraet a même averti Emmanuel Macron de l'accueil potentiel plutôt frigidement réservé à sa visite.
« Il nous a promis une énième réunion à l’Élysée »
Une rencontre entre Emmanuel Macron et le président de la Coordination rurale, Bertrand Venteau, a été annoncée en matinée, bien que le reste des syndicats soient absents. « Il nous a promis une énième réunion à l’Élysée avec les autres syndicats et les filières. Mais cela fait deux ans que nous portons les mêmes revendications ; il doit simplement les appliquer », a déploré Venteau après s'être entretenu avec le président. Cette réunion, confirmée par l'Élysée, n'a cependant pas de date fixée.
Suite à la rencontre, José Pérez, membre de la Coordination, s'est joint à un groupe de « bonnets jaunes » pour manifester au sein du hall, brandissant des pancartes et exigeant une réunion immédiate avec Emmanuel Macron. « Les agriculteurs attendaient des réponses. Il n'y a pas une vache ici. C'est une honte », a-t-il déclaré, illustrant bien le malaise qui règne au sein du milieu agricole. François Walraet, secrétaire général, a reconnu que bien que l'atmosphère soit tendue, les actions musclées pourraient être vite réprimées par le large déploiement de forces de sécurité.
Peser sur le budget de la Pac
Après la coupure du ruban, Emmanuel Macron a échangé avec les représentants de la FNSEA et des JA, satisfaits d’être présents. « Ce qui nous intéresse, c’est ce que peut apporter cette dernière année de mandat », a commenté le président de la FNSEA, Arnaud Rousseau, en abandonnant l'idée d'obtenir une vision globale pour l'agriculture. Les deux syndicats espèrent qu’Emmanuel Macron influencera les discussions sur le budget de la Politique agricole commune (Pac) qui s'engage pour l'après-2027.
Avec AFP
Lire aussi







