Dans la paisible région de la Lorraine, six communes témoignent d'un passé tragique, toutes situées dans le département de la Meuse. Ces villages, désormais désertés, sont dirigés par des maires dont la mission est d'entretenir la mémoire des lieux anéantis après la bataille de Verdun, qui a coûté la vie à plus de 700.000 soldats durant la Première Guerre mondiale.
Ces six communes, à savoir Beaumont-en-Verdunois, Bezonvaux, Cumières-le-Mort-Homme, Fleury-devant-Douaumont, Haumont-près-Samogneux et Louvemont-Côte-du-Poivre, sont uniques au sein des quelque 34.000 communes de France. Leurs maires, exemptés de la pression des élections récentes, n'ont en effet aucun habitant sous leur autorité.
Ces communes figurent sur la liste des villages déclarés "morts pour la France" par l'État, une décision qui découlait directement des ravages engendrés par la guerre. La bataille de Verdun, qui s'est étalée du 21 février au 18 décembre 1916, a laissé un champ de désolation derrière elle, illustré par les mots du maire de Louvemont-Côte-du-Poivre, François-Xavier Long. "Après la bataille, le paysage ressemblait à un sol lunaire, tout n'était que décombres", confie-t-il à RTL.fr. Malgré cette destruction systématique, une chapelle et un monument aux morts ont été érigés à l'emplacement des vestiges du village.
Initialement, les villages de Douaumont et Vaux-devant-Damloup partageaient le même sort, mais ils ont depuis retrouvé des habitants. Par ailleurs, selon le site du mémorial de Verdun, la bataille a causé 306.000 décès parmi les soldats, tandis qu'environ 400.000 ont été blessés. La mémoire de ces villages, bien qu'effacée des cartes, reste vivante à travers les récits de ceux qui en assurent la pérennité.
Des obus encore en terre
Les cicatrices du passé demeurent visibles, les obus non explosés jonchant encore le sol des environs. Ces témoins silencieux rappellent la violence des affrontements et l'ampleur de la perte. Le défi pour ces maires est donc double : honorer la mémoire de ces âmes disparues tout en préservant le fragile héritage historique de ces lieux oubliés.







