Petit cours de langue étrangère… ce matin, amis des mots. Plongée dans la langue d’un autre pays, mais toujours en français. „Outre-Quiévrain“, terme souvent utilisé, ne fait pas référence à un fleuve comme quand on évoque l’Allemagne avec „outre-Rhin“, mais à un village belge nommé Quiévrain, face au village français de Quiévrechain. Ce détail illustre bien la richesse et la diversité du français au-delà des frontières.
Cette semaine, j'ai reçu un ouvrage à la fois amusant et instructif, Ça se dit comme ça en Belgique de Michel Francard, publié aux éditions Le Robert. Ce livre regorge de mots que j’aimerais voir intégrer le français de France. Prenons par exemple l’adjectif „blinquant“, qui signifie briller ou étinceler. N’est-ce pas charmant ? J'aime aussi l'expression „jouer avec les pieds de quelqu'un“, qui traduit l'idée d'abuser de sa patience. Je m’imagine déjà l’adopter dans mes conversations !
Et que dire de l’onomatopée „plic-ploc“ ? Elle évoque non seulement la pluie belge, mais aussi le chaos des événements qui arrivent sans ordre, comme des réunions planifiées „plic-ploc“ en cours de semaine. Imaginez des documents qui, eux aussi, parviennent aux intéressés dans un désordre similaire.
En parlant de pluie, qui a été particulièrement présente, ces dernières semaines, l’expression „avoir l’eau dans les caves“ prend tout son sens dans ce contexte. Elle signifie tout simplement „porter un pantalon trop court“. À l'époque de ma jeunesse, en Ile-de-France, on parlait de pantalons „feu-de-plancher“, mais d'autres régions emploient des termes comme „aller à la pêche aux moules“ ou même „aux fraises“ dans des situations similaires.
Dans le beurre = bordé de nouilles
Et si un Belge vous dit qu’il a „le cul dans le beurre“ ? Cela se rapproche de notre expression française, où la même partie du corps serait „bordée de nouilles“. Une amitié qui se construit autour de la nourriture, c’est encore mieux si l’on se montre „amitieux“, c’est-à-dire de nature aimable et affectueuse. Pas question de „se mettre en margaille“ avec les voisins, autrement dit de se quereller, ni d'„envoyer les gens à la gare“, un terme coloré pour signifier qu’on les envoie balader. Chercher le compromis et s’efforcer de ménager la chèvre et le chou, c'est la véritable essence d'une bonne entente, attitude typiquement belge.







