Bihsud (Afghanistan) – Le Pakistan a confirmé avoir effectué des frappes aériennes ciblées sur des groupes armés le long de la frontière afghane, entraînant un nombre élevé de morts et de blessés, y compris des enfants. Ces raids, les plus marquants depuis des affrontements violents en octobre dernier, suscitent une vive inquiétude.
Les autorités pakistanaises justifient ces interventions par des actes de violence récents, notamment des attentats-suicides ayant frappé Islamabad, dont un tragique événement en février dernier. L’armée pakistanaise, dans un communiqué, a affirmé avoir ciblé des camps de la Tehrik-e-Taliban Pakistan (TTP) ainsi qu’un groupe lié à l’organisation État islamique.
Pourtant, le porte-parole du gouvernement afghan, Zabihullah Mujahid, a déclaré sur X que ces bombardements avaient touché des civils dans les provinces de Nangarhar et Paktika, provoquant de nombreux morts et blessés, y compris parmi les femmes et les enfants. Il a dénoncé ces actions comme des tentatives de l’armée pakistanaise pour couvrir ses propres faiblesses sécuritaires.
Un bulldozer a été observé fouillant les décombres à Bihsud à la recherche de victimes. Sayed Tayeeb Hammad, porte-parole de la police locale, a rapporté des chiffres alarmants, évoquant 23 membres d’une même famille touchés.
Des vies d'innocents
Amin Gul Amin, un résident local, a exprimé son désespoir face à cette tragédie. "Les gens d'ici sont ordinaires. C'est notre communauté qui est touchée", a-t-il déclaré, soulignant le cri de détresse d'un survivant. Ces frappes laissent de nombreux corps sous les décombres, générant une douleur profonde.
Le ministère afghan de la Défense a assuré qu’une réponse appropriée aux attaques pakistanaises serait mise en œuvre. Les relations entre le Pakistan et l’Afghanistan, qui avaient été relativement chaleureuses, se détériorent depuis que les talibans ont pris le pouvoir à Kaboul en 2021.
Les autorités pakistanaises ont affirmé que ces frappes étaient nécessaires en raison d'une série récente d'attaques dans le nord-ouest du pays, y compris un attentat-suicide ayant fait des ravages à Islamabad. Ce climat de méfiance a conduit à la fermeture de la frontière entre les deux nations, perturbant gravement la dynamique commerciale et la vie quotidienne des populations frontalières.
Un rapport de la mission des Nations unies en Afghanistan (Unama) a révélé que, depuis octobre, des civils afghans sont de plus en plus victimes de la violence transfrontalière, un nombre qui dépasse les statistiques des années précédentes.
Le Pakistan, soutenant que son engagement vers la paix et la sécurité demeure ferme, a appel é à la communauté internationale pour inciter Kaboul à agir contre les groupes armés agissant sur son sol. Cependant, les tensions persistent, et la fragile stabilité régionale subit une pression accrue.







