Le président iranien a déclaré ce dimanche que la situation avec les États-Unis montre des "signes encourageants" pour un potentiel accord, tout en annonçant que Téhéran se prépare "à tout scénario", face aux menaces d'intervention militaire émanant de Washington.
Les tensions demeurent palpables entre l'Iran et les États-Unis. Alors que Téhéran martèle son "droit à se défendre" si une attaque américaine devait se concrétiser, le pays a jugé dimanche qu'il existait de "bonnes chances" de parvenir à un accord après de nouveaux pourparlers prévus jeudi à Genève.
Dès le début de février, les deux nations avaient engagé des discussions sous la houlette d’Oman, visant à dénouer leurs différends historiques, notamment concernant le programme nucléaire. Le ministre des Affaires étrangères d'Oman, Sayyid Badr, a confirmé la tenue d'une prochaine session de négociations à Genève.
Pour faire pression sur Téhéran, le président Donald Trump évoque une possible intervention militaire, tout en ayant déployé deux porte-avions et plusieurs navires de guerre dans la région. "Nous surveillons de près les actions des États-Unis et avons pris toutes les mesures nécessaires pour faire face à chaque éventualité", a réaffirmé le président iranien Massoud Pezechkian, qui a souligné que les récentes discussions avaient révélé des "signes encourageants" d'un potentiel accord.
Le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a également exprimé son espoir de voir un compromis avec les États-Unis, déclarant : "Je pense qu'il est encore possible d'atteindre une solution diplomatique qui soit mutuellement bénéfique." Il a ajouté que les pourparlers incluraient des discussions sur une version préliminaire du texte d'accord.
Un accord rapide pour alléger les sanctions
Cependant, selon lui, l'Iran a "le droit de se défendre" contre une éventuelle agression, affirmant que toute réponse serait "justifiée". Araghchi a fait remarquer que les missiles iraniens ne peuvent atteindre les États-Unis et qu'il est donc impératif de trouver d'autres stratégies, y compris des actions contre les bases américaines dans la région.
Des menaces passées ont également été émises quant à un blocage potentiel du détroit d'Ormuz, un axe crucial pour le commerce pétrolier mondial. Les négociations indirectes précédentes entre les deux pays avaient été arrêtées en juin 2025, suite aux conflits déclenchés par Israël, soutenu par les États-Unis, qui avaient ciblé des sites nucléaires iraniens.
À la recherche d'un assouplissement des sanctions qui étouffent son économie, l'Iran souhaite un accord "rapide", après un ultimatum posé par Trump qui exigeait une avancée rapide dans les pourparlers. Le ministre Araghchi a promis une ébauche de texte dans les deux à trois jours, à soumettre aux États-Unis, avant que Trump ne prenne une décision dans un délai de 10 à 15 jours.
Un compromis sur l'enrichissement d'uranium ?
Alors que Trump réclame un "zéro enrichissement" d'uranium en Iran, certaines sources rapportent que Washington pourrait envisager un "enrichissement symbolique" pour permettre une avancée dans les négociations sans favoriser une course à l'armement nucléaire.
"En tant que nation souveraine, nous avons le droit de prendre nos propres décisions", a affirmé Araghchi, précisant que l'Iran a développé sa technologie nucléaire grâce à ses propres scientifiques, soulignant son importance pour le pays.
Les préoccupations occidentales reposent sur la peur que l'Iran ne parvienne à se doter d'une arme atomique, alors que Téhéran insiste sur ses intentions pacifiques et le développement du nucléaire civil.
Ces nouvelles escalades entre Washington et Téhéran surviennent dans le contexte d'une répression récente d'un mouvement contestataire en Iran, qui a été suivi par des slogans anti-régime. Après avoir exprimé son intention d'intervenir en faveur des manifestants, Trump a également appelé à une résolution diplomatique des conflits.
Des affrontements ont eu lieu lors de rassemblements commémorant les manifestants décédés, illustrant un climat de tension croissant sur le terrain.
Avec AFP







