L' Iran, tout en affirmant son « droit à se défendre » contre toute agression américaine, a exprimé ce dimanche qu'il y avait de « bonnes chances » d'aboutir à un accord avec les États-Unis. Des pourparlers seraient envisagés jeudi à Genève.
Depuis le début de ce mois, les deux nations ennemies ont engagé deux séries de discussions sous l'égide d'Oman afin de résoudre leurs enjeux, principalement liés au programme nucléaire iranien, qui empoisonne depuis longtemps leur relation.
Pour obtenir un accord, le président Donald Trump a menacé d'intervenir militairement et a déployé dans la région deux porte-avions et plus d'une dizaine de navires de guerre.
Un droit de défense souligné
« Je suis convaincu qu'il y a encore de bonnes chances d'atteindre une solution diplomatique équilibrée », a déclaré ce dimanche le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi. Il a mentionné que l'Iran travaille sur un projet d'accord lors d'une interview sur CBS, en vue d'une discussion avec les négociateurs américains, « probablement jeudi à Genève ».
Cependant, l'Iran se réserve « le droit de se défendre » face à un « acte d'agression », affirmant que toute réponse serait « justifiée et légitime ». « Nos missiles ne peuvent pas atteindre le sol américain, donc une autre solution doit être trouvée, comme frapper des bases américaines dans la région », a-t-il insisté, sans préciser lesquelles.
Des responsables iraniens ont également mentionné leur capacité à bloquer le détroit d'Ormuz, un passage clé pour le commerce mondial du pétrole.
Un accord souhaité rapidement
Les précédentes discussions entre les deux pays avaient été interrompues en juin 2025, en raison de la guerre initiée par Israël contre l'Iran, soutenue par les États-Unis, qui avait ciblé des installations nucléaires iraniennes.
Dans la quête d'un assouplissement des sanctions internationales qui étouffent son économie, l'Iran a exprimé ce vendredi son désir d'un accord « rapide », après qu'un ultimatum a été délivré par Donald Trump.
Selon le média Axios, un haut responsable américain a indiqué que les États-Unis, sous la direction de l'émissaire spécial Steve Witkoff et de Jared Kushner, son gendre, sont prêts à reprendre les négociations « si une proposition iranienne détaillée est fournie dans les 48 heures ». Abbas Araghchi a précisé qu'un projet de texte serait finalisé « d'ici deux ou trois jours » avant d'être soumis aux États-Unis, Donald Trump ayant fixé un délai de 10 à 15 jours avant de prendre sa décision.
Tensions et manifestations en Iran
Alors que le président américain exige « zéro enrichissement » d'uranium sur le sol iranien, Washington envisagerait d'après Axios d'autoriser « un enrichissement symbolique et limité », ne permettant pas à l'Iran de développer une arme nucléaire.
« En tant que nation souveraine, nous avons le droit de décider pour nous-mêmes », a réitéré le ministre Araghchi. « Nous avons développé cette technologie avec nos propres scientifiques, et elle est précieuse pour nous ». Les inquiétudes des Occidentaux demeurent, craignant que l'Iran ne cherche à se doter d'un arsenal nucléaire, alors que Téhéran insiste sur le caractère civil de son programme nucléaire.
Des tensions nouvelles entre Washington et Téhéran ont émergé suite à la répression d'un large mouvement de contestation en Iran. Donald Trump a exprimé son intention d'intervenir militairement pour soutenir les manifestants, mais a ensuite plaidé pour une résolution diplomatique des différends.
Pour la première fois depuis la répression de janvier, des slogans appelant à la mort du guide suprême iranien, Ali Khamenei, ont été entendus cette semaine à travers plusieurs villes. Ce dimanche, des étudiants en faveur et opposants au pouvoir se sont affrontés lors de manifestations, rendant hommage aux manifestants abattus, suite à des échauffourées survenues entre les deux camps, rapportées par des médias iraniens.







