Le ministre hongrois des Affaires étrangères a confirmé, dimanche 22 février, sa décision de bloquer le prochain paquet de sanctions régionales contre la Russie.
Peter Szijjarto, le ministre hongrois des Affaires étrangères, a déclaré le 22 février 2026 que son gouvernement a l'intention d'utiliser son droit de veto afin d'empêcher l'adoption d'un nouveau paquet de sanctions européennes contre la Russie. « Demain [ce lundi 23 février], il est prévu que la réunion du Conseil des ministres [de l’Union européenne] adopte le 20e paquet de sanctions. Nous bloquerons cette décision », a-t-il précisé sur Facebook.
Les sanctions proposées par l'Union européenne visent à étendre les mesures restrictives sur les exportations et importations, en particulier dans les secteurs bancaire et énergétique, une réponse directe aux actions militaires de Moscou. Ce paquet, qui serait le 20e depuis le début de l'invasion de l'Ukraine le 24 février 2022, doit encore être approuvé par les 27 États membres.
La justification de Budapest repose sur les interruptions des livraisons de pétrole russe à la Hongrie par l'oléoduc Droujba. « Tant que les Ukrainiens n'autoriseront pas les livraisons de pétrole à la Hongrie, nous ne soutiendrons pas d'importantes décisions les concernant », a-t-il déclaré. L'oléoduc Droujba, essentiel pour Budapest, a été endommagé par des frappes russes, rendant la situation encore plus délicate.
Le premier ministre slovaque lui emboîte le pas
Le premier ministre hongrois Viktor Orbán a également mis en garde contre le veto, soulignant que sans une reprise des livraisons pétrolières, il s'opposerait à un prêt européen de 90 milliards d'euros accordé à l'Ukraine. Un écho similaire est venu de Slovaquie où le premier ministre Robert Fico a annoncé sa volonté de suspendre les livraisons d'électricité d'urgence à l'Ukraine, exprimant des préoccupations similaires quant aux livraisons de pétrole.
Au cours de son discours, Fico a affirmé : « Si le président ukrainien Volodymyr Zelensky nous dit d’acheter du pétrole ailleurs qu’en Russie, même si cela nous coûte cher, nous avons le droit de réagir ». L'exclamation de ces dirigeants témoigne des rapport tendus entre ces pays d'Europe de l'Est et l'Ukraine, qui se sont intensifiés suite au conflit.
Mercredi dernier, Fico avait déjà instauré un état d'urgence sur l'approvisionnement, en accusant Kiev de bloquer les réparations de l'oléoduc Droujba pour exercer une pression politique sur Budapest. Ce climat de tension démontre comment les enjeux énergétiques façonnent les relations diplomatiques en Europe du Sud-Est.
Depuis le début de l’invasion, l’UE a imposé une interdiction sur la plupart des importations de pétrole russe, cependant l’oléoduc Droujba a été exempté en raison des relations complexes entre certains États d'Europe de l'Est et l'Ukraine, soulignant une dynamique politique délicate au sein de l'Union.







