Les États-Unis ont débuté, ce lundi, le retrait de leur personnel militaire d'une importante base en Syrie, située dans une région encore sous la domination des forces kurdes, avec l'intention de quitter le pays d'ici un mois, ont rapporté trois sources à l'AFP.
Des journalistes de l'AFP ont observé une longue file de poids lourds, transportant des véhicules blindés et des modules préfabriqués, sur la route reliant la province de Hassaké, où se trouve la base de Qasrak, en direction de la frontière irakienne.
Un responsable kurde, souhaitant conserver l'anonymat, a indiqué que le départ avait effectivement débuté depuis la base de Qasrak.
Les forces américaines, qui supervisent la coalition antijihadiste, avaient déjà abandonné deux autres bases au cours des deux dernières semaines, notamment al-Tanf, dans le sud-est, et al-Chaddadi, dans le nord-est.
"D'ici un mois, il ne restera plus de présence militaire américaine dans aucune de nos bases," a déclaré à l'AFP un fonctionnaire syrien sous couvert d'anonymat. Un diplomate, également non identifié, a précisé que "le retrait devrait être finalisé d'ici environ vingt jours," soulignant qu'aucune base permanente ne subsisterait.
Le responsable kurde a confirmé ces informations à l'AFP, indiquant que cette situation marquerait un tournant significatif dans l'équilibre des forces en place.
Depuis plus de dix ans, les États-Unis maintenaient environ un millier de militaires en Syrie pour coordonner la lutte contre les jihadistes, notamment ceux du groupe État islamique (EI), avec les forces kurdes en première ligne. Cependant, ce retrait coïncide avec une consolidation du pouvoir central, soutenu par Washington, qui étend son contrôle sur le nord et le nord-est de la Syrie, précédemment dominés par les Kurdes.
Les forces kurdes, en vertu d'un accord récemment annoncé, devront se réintégrer dans l'armée syrienne, une démarche qui soulève des questions sur l'avenir de la région. Des sources diplomatiques rapportent que cet accord a été discuté fin janvier, signalant un possible rapprochement entre le régime syrien et les factions kurdes.
Les États-Unis avaient initié la construction de ces bases en 2014, lorsque les zones échappaient au contrôle de l'ancien président Bachar al-Assad, pour soutenir la lutte contre l'EI, qui a subi une défaite significative en 2019. Ce retrait pose donc des interrogations quant à la stabilité future de la région et aux implications pour la lutte contre le terrorisme.







