Le championnat argentin a été suspendu pour une journée, suite à une requête des présidents de clubs et de la Ligue, exprimant ainsi leur dissatisfaction face à une plainte déposée contre la Fédération argentine de football (AFA). Cette décision a été annoncée le 23 février en réaction à des accusations de fraude fiscale présumée ciblant l'AFA et son président.
La décision de suspendre la 9e journée, prévue entre le 5 et le 8 mars, a été adoptée après une réunion du Comité exécutif de la Ligue, et a reçu approbation de l’AFA. Cependant, les deux journées précédentes, les 7e et 8e, se joueront comme prévu, selon une source proche du dossier, rapportée par l'AFP.
Les autorités fiscales argentines (ARCA) mènent une enquête pour déterminer si l’AFA a illégalement géré les cotisations retraite des joueurs et employés, ainsi que les impôts sur une période de mars 2024 à septembre 2025, s'élevant à environ 19 milliards de pesos, équivalents à 11,7 millions d'euros.
Tapia autorisé à quitter le pays
Dans un communiqué de presse, l’AFA a affirmé qu’elle n’avait, « aucune dette exigible en relation avec les obligations fiscales évoquées dans la plainte déposée par l’ARCA ».
La 9e journée devait coïncider avec l'audition de Claudio Tapia, président de l’AFA, par la justice. Ce dernier, ainsi que d'autres hauts responsables, devront répondre à des interrogations juridiques.
Un jugement a temporairement levé l'interdiction de quitter le territoire imposée à Tapia, arguant que « la seule existence d'une enquête pénale ne justifie pas en soi une interdiction de voyager ». Ainsi, il pourrait participer à la "Finalissima" prévue le 27 mars au Qatar, qui opposera l’Argentine championne du monde à l’Espagne championne d’Europe.
Malgré cette levée, une caution de 5 millions de pesos a été exigée pour autoriser son départ.
Relations tendues avec le gouvernement
L’AFA fait également l’objet d’une enquête pour blanchiment d'argent, ayant déjà entraîné des perquisitions dans plusieurs clubs de première division. La fédération a, pour sa part, dénoncé ce qu’elle considère comme une « campagne de diffamation », soutenant que la plainte provenait d’un entrepreneur évincé de l’organisation de matchs amicaux.
Les tensions sont palpables entre Tapia, nommé à la tête de la fédération en 2017, et le gouvernement du président Javier Milei, avec qui il a souvent désaccordé sur divers sujets, notamment la transformation des clubs argentins en sociétés anonymes. Tapia, qui a été lié à des soupçons de favoritisme, continue d’afficher une forte résistance à l’idée de changement.







