Pour Farah, c'est un triste retour en arrière. Après avoir fui le Maroc en raison de son orientation sexuelle, elle tentait de trouver refuge aux États-Unis. Maintenant, elle se retrouve de nouveau dans un pays où elle vit dans la peur d'être retrouvée par sa famille, rapportent les journalistes d'Associated Press.
Elle fait partie d'un groupe de personnes expulsées depuis le début du second mandat de Donald Trump, en janvier 2025. Farah a été d'abord envoyée au Cameroun, où les relations homosexuelles sont également criminelles.
Face à l'alternative de rester au Cameroun ou de retourner au Maroc, où la persécution est également présente, Farah a choisi de retourner dans son pays d'origine. Avant de fuir, elle avait subi des violences physiques de la part de sa famille ainsi que celle de sa compagne, ce qui l'a poussée à s’enfuir vers les États-Unis.
Une année en centre de détention
Arrivée à la frontière américaine début 2025, elle a brièvement goûté à l'espoir. Malheureusement, elle a passé presque un an en détention : d'abord en Arizona, puis en Louisiane, avant que sa demande d'asile soit finalement rejetée.
Bien qu'un juge ait temporairement bloqué son expulsion vers le Maroc en raison du risque qu'elle encourrait, sa compagne, quant à elle, a été renvoyée sans protection légale.
Trois jours avant une audience déterminante pour sa libération, Farah s'est retrouvée menottée et expulsée vers le Cameroun, pour ensuite regagner le Maroc.
40 millions de dollars pour 300 expulsions
Depuis janvier 2025, plusieurs dizaines de personnes ont été forcées de quitter les États-Unis, malgré des protections judiciaires, selon Associated Press. Le département de la Sécurité intérieure a confirmé la mise en œuvre des expulsions vers des pays tiers, dont le Cameroun.
"Si un juge conclut qu'un étranger en situation irrégulière n'a pas le droit de se trouver sur le territoire américain, nous l'expulserons. Point final", a affirmé un responsable du ministère.
Les expulsions, initiées dans le cadre d'accords avec des pays comme le Cameroun, ont coûté aux États-Unis environ 40 millions de dollars pour l'expulsion de 300 migrants, selon un rapport du Sénat. Ce système, qui a soulevé des critiques à l'international, soulève de graves enjeux éthiques, surtout pour ceux comme Farah, dont la sécurité est compromise.







