Beyrouth (Liban) – Le Liban exprime de vives inquiétudes concernant des attaques potentielles d'Israël sur ses infrastructures civiles, alors que les tensions entre l'Iran et Israël montent d'un cran. La crainte s'accentue surtout avec la possibilité d'une implication du Hezbollah dans un conflit élargi.
Dans ce climat déjà tendu, l'armée libanaise a récemment accusé Israël d'avoir ciblé une position militaire dans le sud, près de la frontière. Cette situation a conduit les autorités libanaises à donner l'ordre de riposte. "Des signaux laissent entendre que les forces israéliennes pourraient intensifier leurs frappes, notamment sur des infrastructures clés telles que l'aéroport", a déclaré Youssef Raggi, ministre libanais des Affaires étrangères, à des médias, dont l'AFP, à Genève.
Raggi a ajouté : "Nous menons actuellement des démarches diplomatiques pour assurer que même en cas de représailles, nos infrastructures civiles ne soient pas attaquées. Cette guerre ne nous concerne pas." Il a également exprimé l'espoir que le Hezbollah, proche de l'Iran, évite de s'engager dans de nouvelles confrontations qui pourraient infliger davantage de destruction au Liban.
Une série de réactions redoutées
Un responsable libanais, qui a souhaité garder l'anonymat, a expliqué que les Libanais craignent une réaction en chaîne : "Une frappe américaine contre l'Iran pourrait entraîner une riposte du Hezbollah contre Israël, suivie d'une réponse israélienne massive sur le Liban."
Lundi, les États-Unis ont exprimé des préoccupations et ordonné l'évacuation de personnel non essentiel de leur ambassade à Beyrouth. Le président Donald Trump a affirmé que des mesures militaires pourraient être prises contre l'Iran si les négociations échouent. Téhéran, de son côté, a averti qu'une frappe américaine, même limitée, entraînerait une riposte "avec férocité" et a mis en garde contre les mauvaises conséquences d'une escalade régionale.
Le Hezbollah, seul groupe armé au Liban, se positionne là encore comme acteur clé. Le vice-président du Hezbollah, Naïm Qassem, a récemment affirmé que toute attaque américaine contre l'Iran serait considérée comme une agression à leur égard.
Des tensions qui s'intensifient
Sous la menace croissante, le Hezbollah a appelé à la "résistance" suite à la mort de huit de ses membres lors d'une frappe israélienne. L'armée libanaise, déjà déployée le long de la frontière, a terminé le désarmement du groupe dans certaines zones, mais elle n'a pas les ressources suffisantes pour continuer cette opération dans d'autres secteurs.
Les incidents se poursuivent, notamment avec des tirs israéliens dirigés vers des postes libanais, entraînant des ripostes. Ce climat de tensions fait craindre que le Liban ne puisse garantir sa souveraineté face à des conflits régionaux qui le dépassent.
À l'échelle internationale, une conférence prévue à Paris le 5 mars vise à soutenir les forces armées libanaises dans l'espoir de restaurer le "monopole des armes" au sein du pays. La réunion, qui a eu lieu au Caire, a réuni des représentants de plusieurs pays, dont la France, l'Arabie Saoudite et les États-Unis, soulignant ainsi le soutien international à l'armée libanaise pour renforcer la souveraineté et le contrôle de l'État sur son territoire.
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