Ce mardi 24 février, le Liban a exprimé ses craintes quant à des attaques potentielles d'Israël sur ses infrastructures civiles, en cas d'escalade avec l'Iran et de l'implication du puissant Hezbollah dans un conflit régional.
Dans cet environnement tendu, l'armée libanaise a rapporté qu'Israël avait ciblé une de ses positions militaires près de la frontière, affirmant avoir reçu l'ordre de riposter.
"Des signaux montrent que les Israéliens pourraient répondre fortement en cas d'escalade, notamment en visant des infrastructures stratégiques comme l'aéroport," a déclaré le ministre libanais des Affaires étrangères, Youssef Raggi, à des médias, y compris à l'AFP à Genève.
Le ministre a poursuivi en indiquant que le Liban mène des démarches diplomatiques pour faire en sorte que les infrastructures civiles ne soient pas ciblées, même en cas de représailles. "Cette guerre ne nous concerne pas," a-t-il ajouté.
Sur les réseaux sociaux, il a exprimé l'espoir que le Hezbollah s'abstienne de participer à d'éventuels conflits pour éviter des destructions supplémentaires au Liban.
"Les Libanais craignent une réaction en chaîne : une frappe américaine contre l’Iran, suivie d'une riposte du Hezbollah contre Israël, puis une réplique israélienne massive," a observé un responsable libanais souhaitant rester anonyme.
Évacuation du personnel non essentiel de l'ambassade américaine
Lundi, les États-Unis ont ordonné, par mesure de précaution, l'évacuation du personnel non essentiel de leur ambassade à Beyrouth. Le président Donald Trump, a également ordonné le déploiement d'un dispositif militaire massif dans la région, menaçant de frapper l'Iran si les pourparlers échouent.
Téhéran avertit qu'une frappe américaine, même limitée, entraînerait une réaction "d'une grande violence".
Le leader du Hezbollah, Naïm Qassem, a proclamé qu'une attaque américaine contre l'Iran viserait également son groupe. Le Hezbollah, seul groupe armé libanais, a été affaibli suite à une guerre avec Israël, mais continue de recevoir des frappes malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis novembre 2024. Israël l'accuse de chercher à se réarmer.
En réponse à la mort de plusieurs de ses membres lors d'une frappe israélienne, le Hezbollah a appelé à la résistance.
Préparatifs au Caire
Mardi, l'armée libanaise a signalé des tirs israéliens alors qu'elle mettait en place un point de contrôle près de Marjeyoun, à la frontière.
"Le commandement de l'armée a ordonné de renforcer la position et de riposter aux sources de tirs," a précisé l'armée dans un communiqué.
De son côté, l'armée israélienne a déclaré avoir remarqué des soldats libanais établissant une position "sans coordination préalable" et a demandé qu'ils suspendent leurs opérations. Après un refus, des tirs de sommation ont été effectués.
Actuellement, l'armée libanaise doit désarmer le Hezbollah dans des zones situées au nord de la frontière, mais fait face à un manque de ressources et de financement.
Une réunion prévue au Caire vise à préparer une conférence de soutien aux forces armées libanaises, avec comme objectif d'assurer que l'État libanais ait "le monopole des armes." Cela comprend un soutien aux institutions nationales libanaises et aux forces de sécurité, afin de renforcer leur contrôle sur le territoire, a déclaré le ministre égyptien des Affaires étrangères.Cette rencontre a vu la participation de la France, de l'Arabie Saoudite, du Qatar, de l'Égypte et des États-Unis, en présence du commandant en chef de l'armée libanaise, Rodolphe Haykal.







