Depuis l’entrée en vigueur de la loi d’amnistie promulguée jeudi, un total de 179 personnes ont été libérées. Cette mesure a pour objectif d’alléger les peines des prisonniers politiques alors que beaucoup de familles attendent encore à l'extérieur des prisons. Les personnes récemment libérées dénoncent des lenteurs dans le traitement de leurs cas en justice. En effet, sous la pression des États-Unis, la présidente par intérim Delcy Rodriguez a fait voter cette loi suite à l’arrestation de Nicolas Maduro par des autorités américaines.
Selon les chiffres rapportés par l’ONG Foro Penal, 644 prisonniers politiques restent derrière les barreaux, malgré ces promesses de libération.
Difficultés rencontrées par les familles
Des proches continuent de passer des heures devant les établissements pénitentiaires, notamment à Rodeo 1, près de Caracas. Massiel Cordones, mère de José Ángel Barreno, témoigne des défis émotionnels et physiques auxquels elle fait face. « Bien que nous soyons remplis d’espoir après ces libérations, la fatigue commence à s’installer. Mon fils est l’un des grévistes de la faim, et nous n’avons pas eu de nouvelles de lui depuis dimanche », déclare-t-elle.
« Nous pouvons ne pas être d'accord sur tout, mais il est crucial d'atteindre des décisions consensuelles. La justice est la clé de la paix », affirme Jorge Arreaza, président de la Commission parlementaire chargée du suivi de la loi.
Le rythme des libérations, comme l’a mentionné M. Arreaza, est « extraordinaire », avec 34 nouveaux cas libérés dont un nombre croissant de personnes en grève de la faim. Malgré le nombre de demandes, les tribunaux continuent de faire face à des confits et des retards dans le traitement des cas.
Les défis de l’amnistie
Des témoignages récents ont mis en lumière les retards considérables dans le dépôt des demandes d’amnistie. Les avocats de prisonniers politiques ont rapporté que des refus fréquents entravent l'accès à cette loi, faisant craindre que ceux qui en auraient besoin ne puissent bénéficier des mesures d’allègement.
Rodrigo Cabezas, un ancien ministre de Hugo Chavez, a déjà exprimé son indignation face aux lenteurs judiciaires : « Les tribunaux qui ont condamné arbitrairement ne peuvent pas continuer à violer la loi d’amnistie. » En effet, les cas soumis aux juridictions semblent être traités de manière incohérente.
Le syndicat des travailleurs de la presse a également relevé que plusieurs journalistes, désireux de bénéficier de l’amnistie, se sont vu constater qu'aucune demande n’avait été reçue par les tribunaux. « J'ai déposé ma requête et j'attends une réponse », explique Liomary Espina, ajoutant qu'il est essentiel que les efforts pour obtenir justice soient maintenus.







