Face à l’évolution des tensions entre l'Iran et les États-Unis, le marché pétrolier tremble déjà. Une escalade pourrait entraîner une flambée des prix à la pompe, prévenant les consommateurs.
Au moment où Moscou et Téhéran peinent à trouver un accord sur le nucléaire iranien, les menaces de l'administration Trump se multiplient. Le 20 février, le président américain a évoqué la possibilité d'une attaque ciblée contre l'Iran. De telles déclarations se répercutent déjà sur les marchés pétroliers, comme l'affirme l'expert en ressources énergétiques Philippe Charlez.
Alors que le baril est passé de 60 à 71 dollars, cette augmentation actuelle impacte significativement le prix des carburants. "Un chiffre à retenir : chaque augmentation de 10 dollars par baril entraîne une hausse d'environ 5 centimes sur le litre d'essence", souligne Charlez. Actuellement, les prix s'élèvent à environ 1,60 € pour l'essence et 1,55 € pour le diesel, en hausse par rapport à leurs niveaux plus bas en début d'année.
Une augmentation immédiate des prix à la pompe
Grâce à la solidité relative de l'euro, l'impact de ces variations sur les consommateurs pourrait être atténué. "Avec un euro à 1,18-1,20 dollar, le baril en euros est moins lourd pour les acheteurs. Mais si l'euro revenait à la parité, les prix s'envoleraient en Europe", précise Charlez.
Trois scénarios en jeu
Charlez envisage trois scénarios possibles quant à l'évolution du conflit. Le premier serait une intervention limitée des États-Unis, provoquerait une augmentation temporaire du baril vers 75 dollars. Le second, plus grave, impliquerait des frappes sur des installations pétrolières iraniennes, pouvant faire grimper les prix entre 80 et 90 dollars.
Le dernier scénario, le plus alarmant, consisterait en un blocage du détroit d'Ormuz par l'Iran. Ce point stratégique représente environ 20 % du pétrole mondial. "Une telle éventualité provoquerait des pénuries sévères et des prix dépassant les 200 dollars le baril", témoigne Charlez, mettant ainsi en lumière les tensions qui pourraient en découler.
Conséquences mondiales
Les retombées d'un tel blocage ne se feraient pas uniquement sentir en Iran, mais également en France. "Nous sommes dépendants du pétrole moyen-oriental. Les États-Unis, en revanche, bénéficient d'une quasi-autosuffisance et seraient relativement épargnés", ajoute-t-il.
Quant à la durée potentielle d'une telle crise, Charlez fait écho à des exemples historiques. "On l'a vu avec l'Irak et le Venezuela ; bien que le peuple souffre, les régimes conservent souvent leurs ressources. Le régime iranien réagirait probablement par des provocations plutôt que de céder", conclut-il.







