Les États-Unis ont annoncé ce mercredi un assouplissement de leurs restrictions à l'exportation de pétrole vers Cuba, en réponse aux besoins humanitaires croissants de l'île, en proie à une grave pénurie de carburant. Alors que le secrétaire d'État américain, Marco Rubio, assiste à un sommet dans les Caraïbes, cette décision marque un tournant crucial dans les relations entre Washington et La Havane.
Le pétrole, d'origine vénézuélienne, pourra être revendu et acheminé vers le secteur privé cubain, à condition que les bénéfices ne se communiquent pas au régime de La Havane mais soient destinés à la population, comme l'a précisé le ministère américain des Finances.
Depuis janvier, les États-Unis ont imposé un blocus énergétique sur Cuba, justifiant cette mesure par une ''menace exceptionnelle'' pour la sécurité nationale, étant donné la proximité géographique de l'île avec la Floride.
Le président Donald Trump a récemment qualifié Cuba de ''nation en faillite'' et a exhorté le gouvernement cubain à négocier avec Washington, tout en rejetant toute idée d'une intervention militaire pour renverser le régime en place.
Ce changement de politique intervient alors que Rubio participe à un sommet des chefs de gouvernement de la Communauté caribéenne (Caricom) à Saint-Christophe-et-Niévès, où il discute des conséquences humanitaires de la crise à Cuba.
Dans son intervention, Rubio a souligné que le Venezuela devait ''validement se développer'' en procédant à des élections démocratiques, un point crucial alors que l'administration Trump a intensifié ses efforts pour normaliser les relations avec Caracas depuis la capture de Nicolas Maduro le 3 janvier.
Plusieurs dirigeants caribéens, dont le Premier ministre jamaïcain Andrew Holness, ont exprimé leurs préoccupations face à la situation à Cuba, avertissant que toute dégradation pourrait avoir des répercussions sur toute la région. Holness a déclaré : ''La souffrance humanitaire ne sert personne et une crise prolongée ne restera pas confinée à Cuba''.
Le Canada, en réponse à cette crise, a annoncé un soutien de 5,8 millions de dollars en aide humanitaire pour l'île. Sur le même ton, le Premier ministre de Saint-Kitts-et-Niévès, Terrance Drew, a insisté sur la nécessité d'un soutien accru, affirmant qu'une ''Cuba déstabilisée nous déstabilisera tous''.
Cependant, l'approche de certains gouvernements de la région a été critiquée. Kamla Persad-Bissessar, Première ministre de Trinité-et-Tobago, tout en compatissant avec le peuple cubain, a souligné qu'il n'est pas possible de cautionner la dictature communiste. Elle a également critiqué une certaine réticence des pays de la Caricom à aborder clairement l'intervention américaine au Venezuela.
Alors que les États-Unis intensifient leur lutte contre le trafic de drogue et d'armes, ces opérations de sécurité suscitent des interrogations sur la légalité de leurs actions sur la scène internationale, surtout au sujet des frappes menées dans la région, qui ont coûté la vie à de nombreux individus.







