Les tensions au Moyen-Orient affolent les cours du pétrole, suscitant l'inquiétude des investisseurs. Les marchés asiatiques affichent des baisses significatives, alors que les perspectives d'une résolution rapide des conflits dans le détroit d'Ormuz semblent incertaines.
Ce lundi, le baril de West Texas Intermediate (WTI), référence du marché américain, a enregistré une légère baisse de 0,54 %, atteignant 98,20 dollars. En revanche, le Brent, référence mondiale, a continué de progresser, franchissant les 100 dollars pour atteindre 104 dollars.
Depuis le début des hostilités, le prix du Brent a fait un bond de près de 40 %, tandis que celui du WTI a presque augmenté de 50 %. Cette hausse est le résultat direct de l'instabilité liée à la guerre et à la fermeture du détroit d'Ormuz, par lequel 20 % du pétrole mondial transite habituellement.
Le président américain Donald Trump a évoqué le week-end dernier la nécessité d'une action collective avec des pays comme la France, la Chine ou le Royaume-Uni pour sécuriser ce passage crucial, bien que ces nations n’aient pas encore confirmé leur soutien.
Déclenchement des réserves stratégiques de pétrole
Selon Chris Weston, expert chez Pepperstone, une intervention militaire pourrait aggraver les tensions plutôt que de les apaiser : « Les risques opérationnels sont élevés, et rien ne garantit que cela rétablisse immédiatement la navigation dans la région. » Trump a également envisagé d’attaquer les infrastructures pétrolières de l’île de Kharg, un site stratégique iranien. Les frappes américaines effectuées récemment ont accru les risques d’une escalade militaire, bien que les installations pétrolières aient, jusqu’à présent, été épargnées, comme l’indique Lloyd Chan de MUFG.
Pour contenir la flambée des prix, l’Agence Internationale de l’Énergie (AIE) a décidé de libérer 400 millions de barils de réserves stratégiques collectivement. Le Japon a annoncé son intention de puiser dans ses stocks, avec des mesures immédiates en Asie et en Océanie, et un déblocage prévu en Amérique et en Europe d’ici fin mars.
Les Bourses asiatiques en baisse
Alors que les tensions demeurent, les Bourses asiatiques sont en recul. Par exemple, à Tokyo, l'indice Nikkei a chuté de 1,17 %, tandis que le Topix a perdu 1,07 %. À Séoul, l'indice Kospi a cédé 0,40 %, en dépit d'un léger rebond à un moment. Sydney a quant à elle vu son indice abandonner 0,46 %.
D'après Chris Weston, la dynamique du pétrole affecte les actions, créant une corrélation accrue entre les prix de l’énergie et les actifs risqués : « Les actions évoluent en temps de volatilité non pas en fonction de leurs fondamentaux, mais de l'oscillation des prix du pétrole. »
Le dollar retrouve des couleurs
La devise américaine, bien qu'en légère baisse, se maintient à un niveau relativement fort face au yen, affecté par des pressions inflationnistes causées par la hausse des coûts énergétiques. Les experts de Nomura notent que cette situation détériore la balance commerciale nipponne et limite les achats de yens, habituellement considérés comme une valeur refuge.
Lors de la prochaine réunion de la Banque du Japon, prévue ce jeudi, il est prévu que l'institution maintienne sa posture d'attentisme, sauf si une augmentation nette des anticipations d'inflation se fait sentir. Pendant ce temps, l’or a également connu une légère baisse de 0,25 %, se chiffrant à 5 006 dollars l’once.







