"Le toit m'est tombé sur la tête", témoigne un médecin blessé suite à l'attaque d'un centre de traitement pour toxicomanes à Kaboul. Cette frappe, attribuée au Pakistan, a causé des destructions massives et de nombreuses pertes humaines.
Lundi soir, vers 21H00 locales (16H30 GMT), plusieurs explosions puissantes ont résonné dans la capitale afghane. Tandis que le Pakistan annonçait des frappes ciblées, les autorités talibanes ont déclaré que des civils avaient été touchés, ce qui intensifie les tensions déjà palpables entre les deux pays.
Azmat Ali Momand, 30 ans, médecin au centre de traitement "Camp Omid" depuis deux ans, raconte : "J'ai quitté mes patients pour faire mes ablutions, quand l'explosion a retenti. J'ai perdu connaissance. Lorsque je me suis réveillé, j'étais aux urgences où d'autres blessés arrivaient, certains dans un état critique".
"J'ai deux points de suture à la tête et une blessure à la jambe", ajoute-t-il, visiblement marqué par les événements. Les témoignages d'autres victimes corroborent son récit, évoquant une scène de chaos et de dévastation.
"Il y a beaucoup de morts, bien plus que nous ne le savons encore", explique-t-il, alors que le nombre de victimes continuait d’augmenter avec les premières évaluations des autorités, qui parlent de près de 400 tués et plus de 200 blessés.
Des secouristes luttent contre le manque de matériel, transportant les corps et les blessés dans des couvertures, tandis qu'un incendie, provoqué par l’explosion, ravage les alentours. Une équipe de l'AFP a observé au moins 30 cadavres sur place.
Les ambulances s'activent toute la nuit pour évacuer les blessés vers d'autres établissements de santé. Le décor surréaliste du site, rempli de débris, de restes humains et de matériel médical, témoigne de la violence de la frappe. Des infirmiers, en pleurs, s'interrogent : "Qu'est-il arrivé à nos collègues ?".
Avec 2.000 lits disponibles, le centre accueillait des personnes dépendantes aux drogues comme la marijuana et des amphétamines. Selon Momand, de nombreux bâtiments ont été gravement endommagés, laissant des familles dans l'incertitude concernant leurs proches.
Latifa, 50 ans, cherche désespérément des nouvelles de son fils, interné dans l'hôpital. "On nous dit d'attendre, pour savoir s'il est blessé ou s'il est mort", confie-t-elle, la voix brisée par l'angoisse. Mohammad Daud, un autre visiteur, exprime son espoir que son frère, qu'il croit en sécurité, n'ait pas été touché.
Cette tragédie souligne la détresse permanente de la population afghane, ainsi que les conséquences dramatiques d'un conflit qui semble sans fin. Alors que les cris des victimes se mêlent aux sirènes des ambulances, une ombre inquiétante plane sur l'avenir de ce pays meurtri.







