Disparu dans les jungles inexplorées de la Guyane en 1950, l'explorateur français Raymond Maufrais a été proclamé officiellement décédé ce mercredi 18 mars par le tribunal judiciaire de Cayenne. Cette affaire, marquée par la détermination d’un père en quête de vérité, a traversé les décennies.
Raymond Maufrais, qui avait disparu lors d’une expédition audacieuse dans la forêt guyanaise, n’a jamais été retrouvé. La justice a finalement tranché après soixante-seize ans d'incertitudes en reconnaissant son décès. La présidente du tribunal, Naïma Sajie, a déclaré : "Il aurait 99 ans aujourd'hui, ça laisse peu de place au doute", avant de fixer la date de sa mort au 13 janvier 1950, selon les carnets de route du jeune explorateur.
Ces carnets, découverts quelques mois après sa disparition et publiés ensuite sous forme de livre, s’avèrent essentiels pour comprendre les derniers moments de Maufrais. Son père, Edgar, a consacré une décennie à sa recherche, parcourant la Guyane, le Brésil et le Suriname, sans succès. Comme indiqué par France Bleu, cette quête désespérée a mis en lumière l'importance de la mémoire collective sur les disparitions.
La décision de la cour, fondée sur l'article 88 du Code civil, permet d'officialiser le décès d'une personne disparue dans des conditions périlleuses sans corps retrouvé. Bien que symbolique, cette décision clôt un chapitre douloureux pour la famille Maufrais.
Passionné d'aventure, Raymond Maufrais tentait de rallier le Brésil en solo, naviguant le long de la rivière Mana et franchissant des terrains difficiles à travers la forêt avant de disparaître en s'enfonçant vers l'est de la Guyane. Dans ses derniers écrits, Maufrais décrit des jours marqués par la souffrance, la faim et l'isolement. Les témoignages depuis sa disparition montrent à quel point cet exploit a laissé une empreinte indélébile dans l'histoire locale.
En 76 ans, personne ne s'était penché sur la déclaration de son décès
Ses carnets, retrouvés en avril 1950 par un habitant de Camopi, petite commune de l'est de la Guyane, capturent ses luttes, notamment le moment tragique où, accablé par la faim, il se voit contraint de tuer son chien pour survivre. Ce récit poignant, relayé par des médias locaux comme Guyane 1ère, souligne le déterminisme tragique de multiples explorateurs de l’époque.







