Lors de son discours à Tokyo le 1er avril, Emmanuel Macron a mis en avant la « prévisibilité » de l'Europe en contraste avec l'imprévisibilité des États-Unis de Donald Trump. Critiquant sans le nommer, ce dernier a été pointé du doigt pour avoir engagé une guerre au Moyen-Orient par surprise, laissant ses alliés dans l'incertitude.
Face à des chefs d'entreprise et investisseurs japonais, le président a reconnu que « parfois l’Europe est perçue comme plus lente », mais il a insisté sur la valeur de la prévisibilité dans un monde troublé. « C'est essentiel, surtout en ces temps difficiles », a-t-il déclaré. Selon lui, l'incertitude entourant d'autres nations met en péril la confiance des partenaires.
Ce discours fait écho aux récents bouleversements provoqués par le conflit au Moyen-Orient, qui a des répercussions directes sur l'économie mondiale, notamment en ce qui concerne l'énergie. Le Japon, qui compte sur cette région pour 95 % de ses importations de pétrole, subit déjà les conséquences de l'escalade des conflits armés, avec une flambée des prix de l'énergie.
Objectif de collaboration renforcée
Avant sa rencontre avec la première ministre japonaise , Sanae Takaichi, Macron a souligné les « impacts dramatiques » que cette situation engendre et a réitéré le soutien indéfectible de l'Europe face à cette crise. « L’Europe se tient à vos côtés et nous croyons fermement en une diplomatie active », a-t-il affirmé, tout en appelant les investisseurs japonais à « redécouvrir la France et l'Europe sous un nouveau jour ».
Macron a pour objectif de doter les partenariats franco-japonais d'une nouvelle force, avec un accent mis sur des secteurs innovants comme le quantique, l'intelligence artificielle et la défense. Cette initiative, qui s'inscrit dans un cadre de coopération bilatérale renforcée, vise à bâtir une « prospérité équilibrée pour le XXIe siècle » tout en préservant l'indépendance face aux grandes puissances.
Dans ce cadre, Macron a plaidé pour une « coalition des indépendants » entre l'Europe et des États asiatiques, avec des pays émergents tels que l'Inde et le Brésil, pour éviter toute dépendance vis-à-vis de puissances dominantes. « Nous avons besoin de solutions qui reflètent nos valeurs et nos intérêts », a-t-il conclu.
Après cette tournée au Japon, le président se dirigera vers la Corée du Sud pour poursuivre ses discussions bilatérales, marquant une étape significative dans le renforcement des liens diplomatiques et économiques dans la région.







