les intercommunalités à l'épreuve des municipales : enjeux et bouleversements

Découvrez comment les municipales pourraient transformer les intercommunalités françaises.
les intercommunalités à l'épreuve des municipales : enjeux et bouleversements
Véronique Sarselli le jour de son élection comme présidente de la Métropole de Lyon, le 26 mars 2026. (OLIVIER CHASSIGNOLE / AFP)

À la suite des élections municipales, les 1 252 intercommunalités de France s'apprêtent à élire leurs représentants, un moment crucial pour cet échelon administratif souvent sous-estimé mais crucial dans la gestion locale.

Ces élections constituent le quatrième tour des élections municipales. Après les deux dimanches de vote, le conseil municipal a élu son maire, et les intercommunalités vont désormais désigner leurs instances dirigeantes dans les semaines à venir. C'est un événement d'une importance capitale, car ces structures exercent des compétences essentielles comme le ramassage des déchets, la gestion de l'eau, l'organisation des transports, et le développement économique. Elles sont également responsables de la mise en œuvre des projets d'envergure tels que les infrastructures sportives ou culturelles.

un enjeu déterminant pour le territoire

"La commune et l'intercommunalité forment un duo indissociable. Elles doivent collaborer pour avancer," souligne Éric Kerrouche, politologue au Cevipof et sénateur socialiste des Landes. "Les compétences des intercommunalités sont non seulement centrales mais aussi stratégiques, rendant ces élections fondamentales pour chaque territoire", précise-t-il.

La France abrite 1 252 intercommunalités, constituées en établissements publics de coopération intercommunale (EPCI), classées en quatre types. Les communautés de communes, souvent en milieu rural, représentent 987 unités. Suivent 230 communautés d'agglomération (50 000 à 250 000 habitants) et 14 communautés urbaines (250 000 à 400 000 habitants). Enfin, les 21 métropoles, telles que Paris et Marseille, regroupent plus de 400 000 habitants.

un équilibre politique à Lyon et Marseille

À Lyon, les élections communautaires ont déjà eu lieu. Véronique Sarselli, maire Les Républicains de Sainte-Foy-lès-Lyon, a été élue présidente de la métropole, en remplacement d'un écologiste. La cohabitation entre Sarselli et Grégory Doucet, maire écologiste de Lyon, soulève des questions sur la gouvernance future. Dans son discours d'investiture, Sarselli a affirmé vouloir travailler de manière constructive tout en défendant clairement les intérêts de la métropole. "Dans une intercommunalité, naviguer entre des orientations politiques opposées est un défi," résume Benjamin Morel, constitutionnaliste.

À Marseille, la situation a été marquée par une présence de tensions politiques entre l'ancienne présidente LR de la métropole, Martine Vassal, et le maire de gauche, Benoît Payan. Cela a souvent conduit à un blocage dans la mise en œuvre de projets importants. La situation actuelle soulève de nouvelles préoccupations quant à l'équilibre des pouvoirs.

un avenir politique instable

Près des élections de la métropole de Marseille, prévues le 7 avril, la plupart des élus souhaitent éviter une nouvelle crise politique. "Nous cherchons tous à sortir des tensions passées et à favoriser le travail en commun, pour l'intérêt de la métropole," commente un membre de la majorité de Benoît Payan.

Les intercommunalités sont des espaces de dialogue où le consensus est souvent favorisé, comme le note le politologue Eric Kerrouche, qui a été président d'une communauté de communes. "Pour qu'une intercommunalité fonctionne, il faut que chaque acteur puisse dire qu'il a remporté une victoire," affirme-t-il.

Cependant, l'entrée en force de La France insoumise et du Rassemblement national dans les intercommunalités pourrait bouleverser cet équilibre établi. Le conseiller RN Ludovic Pajot du Pas-de-Calais a indiqué qu'ils allaient désormais peser lourdement dans les décisions locales. "Ces intercommunalités représentent un excellent terrain pour promouvoir nos idées," renchérit Paul Vannier de LFI.

Dans ce contexte, la politique intercommunale est-elle prête à accueillir ces nouvelles forces avec leurs propres agendas ? "Cela pose une question démocratique," conclut Éric Kerrouche. Reconnaître l'importance des intercommunalités dans le paysage politique est essentiel pour le bon fonctionnement de la démocratie locale.

Au lendemain des élections, le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a promis d'inclure les nouveaux maires dans le projet de loi de décentralisation, abordant les questions liées aux intercommunalités et à la répartition des compétences.

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