Gabriel Attal, ancien Premier ministre, propose une loi visant à autoriser certains employés, notamment dans les boulangeries et fleuristes, à travailler le 1er-Mai. Ce texte, débattu le 10 avril, ravive un conflit politique et social autour de ce jour férié emblématique, profond symbole de la lutte pour les droits du travail.
Pour défendre cette proposition, Attal a publié une vidéo le 6 avril où il insiste sur l'absurdité de la situation actuelle: "En France, un McDonald's peut ouvrir, mais pas une boulangerie artisanale." Avec le soutien de son groupe, il cherche à rendre possible l’ouverture de ces établissements pour permettre aux salariés de travailler ce jour-là.
Attal encourage également les Français à signer une pétition pour soutenir sa proposition lors de la niche parlementaire du groupe macroniste, espérant une mise en œuvre dès le 1er-Mai 2026. Dans une lettre adressée aux boulangers, le 31 mars, il les incite à soutenir ce projet.
Réactions des syndicats
La secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, a vivement critiqué Attal, affirmant: "Gabriel Attal, c’est Pinocchio sans le nez. Mensonge sur mensonge sur le 1er-Mai." Elle a rappellé que la majorité des syndicats s’opposent à une telle initiative. "L’interdiction concerne seulement les salariés, alors que les artisans peuvent déjà travailler ce jour-là", a-t-elle précisé.
Binet qualifie la proposition de loi de cadeau pour les grandes entreprises. Elle souligne que l'argument d'urgence juridique avancé par Attal est infondé, puisque seules cinq sanctions avaient été imposées aux boulangeries industrielles en 2024, sur un total de 35 000 existantes.
Elle conclut que cette initiative vise à banaliser le travail le 1er-Mai : "Ne laissons pas les macronistes, la droite et l’extrême droite nous voler cette journée, conquise par la lutte des ouvriers."
Un débat ancien
La discussion sur la possibilité de travailler le 1er-Mai n'est pas récente. Des propositions ont été formulées dès 2024. En avril 2025, des sénateurs, alliés du gouvernement, ont proposé un texte permettant aux salariés de certains secteurs d'être actifs ce jour-là. Adoptée par le Sénat en juillet 2025, cette loi a été transmise à l'Assemblée nationale, où son examen n'a pas pu se traduire par un vote en janvier 2026.
Les députés du Rassemblement National ont par ailleurs montré leur soutien au texte lors des étapes précédentes, potentiellement crucial pour la majorité macroniste.
La gauche engage le combat
La gauche, opposée à cette proposition, a lancé une contre-pétition intitulée "Sauvons le 1er-Mai des attaques des macronistes". Le Parti socialiste met en garde contre l'ouverture d'une brèche dans les protections collectives. Ils rappellent que cette réforme va bien au-delà des cas où certaines activités doivent nécessairement continuer le 1er-Mai.
Cette initiative évoque les anciennes préoccupations de certains membres du gouvernement concernant le retrait de jours fériés, un pas que nombreux considèrent inacceptable.







