Pendant deux ans, Peter Magyar, avocat et ancien membre du Fidesz, s'est dressé en dénonçant la corruption qui gangrène la Hongrie. En tête des sondages pour les élections législatives du 12 avril, il se profile comme un potentiel défi historique au Premier ministre Viktor Orban, au pouvoir depuis 2010.

L’historien et sociologue Janos Gyurgyak a décrit Magyar comme “un adversaire de taille” pour Orban, notant sa capacité à “détrôner une force politique au pouvoir depuis plus de quinze ans” sur le site Valasz Online.

Inconnu du grand public il y a encore peu, Magyar fait ses premiers pas dans le monde politique en tant que membre du Fidesz. Toutefois, son départ du parti en avril 2024, après un scandale impliquant son ex-épouse, Judit Varga, alors ministre de la Justice, a propulsé sa carrière. Cet incident a révélé des abus liés à une grâce présidentielle controversée, et il s'est rapidement imposé comme un critique virulent du système de corruption, une analyse soutenue par Politico Europe.

La gauche absorbée

En prenant la tête du parti Tisza en 2024, Magyar a manifestement bouleversé le paysage politique hongrois. La politologue Nora Schultz déclare dans l'hebdomadaire HVG qu'il “représente le seul challenger du système” Orban.

En s'attaquant également à la vie chère et à la détérioration des services publics, Magyar a su séduire un électorat fatigué par les promesses non tenues. Son éventuelle victoire pourrait “calmer les tensions entre Budapest et Bruxelles sur l'État de droit”, selon Politico.

Tout en partageant certaines positions avec Orban, comme le refus d'envoyer des armes à l'Ukraine, Magyar a su éviter de se laisser entraîner dans les débats enflammés sur le soutien international à l'Ukraine, comme le souligne Politico.

Particulièrement populaire parmi les jeunes électeurs, il incarne désormais l'espoir d'un changement radical, confirmant qu'il est “la première véritable chance depuis des années de chasser Orban du pouvoir”, conclut le média.