Le projet de loi soutenu par Gérald Darmanin, ministre de la Justice, est soumis à l'examen du Sénat à partir du 13 avril. Il envisage d'ouvrir la voie à l'utilisation de la généalogie génétique pour élucider des affaires criminelles.
Les tests ADN privés attirent l'attention du gouvernement. Gérald Darmanin entame la présentation d'une réforme majeure de la justice criminelle ce lundi 13 avril. Son projet de loi permettrait aux enquêteurs de s'appuyer sur des bases de données étrangères créées par des laboratoires privés, souvent sollicitées par des particuliers, pour démêler des cold cases.
Actuellement considérés comme "récréatifs" et illégaux, ces tests ADN donnent aux utilisateurs l'occasion de mieux comprendre leurs origines. Avec cette nouvelle législation, les enquêteurs pourraient croiser des échantillons génétiques inconnus découverts sur des scènes de crime avec des millions d'analyses géniques conservées par ces entreprises privées.
Près d'1 % d'une population suffit à retrouver tout le monde
"Pour les empreintes digitales, les policiers doivent déjà avoir accès à une base de données pour vous identifier. Si vous laissez vos empreintes sur une scène de crime, sans que celles-ci figurent dans le registre, il est impossible de vous relier à la scène", déclare le généticien Yaniv Erlich sur France Inter. "L'ADN fonctionne différemment. Si vous êtes enregistré dans ma base de données, c'est comme un phare éclairant vos liens familiaux jusqu'à vos cousins éloignés. Il ne vous faut qu'à peu près 1 % d'une population pour pouvoir identifier tout le monde", souligne-t-il.
D'après Le Monde, près de 2 millions de Français ont déjà transmis leur ADN à des firmes étrangères. Gérald Darmanin y voit l'occasion de résoudre "une trentaine d'affaires au pôle cold cases". Conscient des préoccupations liées à la protection des données personnelles, il assure que l'utilisation de ces échantillons sera "strictement encadrée par la loi" et se concentrera sur les crimes les plus graves.







