L'ambiance était plutôt calme ce vendredi matin, 24 avril, lors d'un conseil d'agglomération. Les élus s'apprêtaient à élire 15 vice-présidents, avec un nom par pôle territorial, et, comme souvent, les hommes étaient majoritaires. Cependant, le monde politique a été secoué par l'intervention de Christelle Mange, maire de Chéraute. En prenant le micro dans l'amphithéâtre de la Cité des arts à Bayonne, elle a exprimé clairement : "Il y a des moments dans la vie où on ne peut pas se cacher..."
En cette occasion, Christelle Mange a décidé de ne pas rester silencieuse face à l'absence de femmes dans les candidatures, notamment celles pour la Soule. Elle a témoigné de sa réflexion intense sur cette décision, ayant préparé son discours la veille, avec beaucoup de passion. Lors des nominations, elle a dénoncé les arrangements entre partis qui, selon elle, avaient pour effet de ne présenter que des hommes pour les postes de vice-président.
"Le principe de parité n'était même pas envisagé pour le binôme", a-t-elle déploré, tout en soulignant qu'il était temps d'activer les changements promis par l'Agglomération. Elle a aussi rappelé à ses pairs, avec âme et détermination, qu'il existait des femmes qualifiées prétendant à ces postes de pouvoir.
"Je suis aussi qualifiée que Bernard Lougarot. J’ai autant d’années d’engagement que lui. J’ai transformé ma commune", a-t-elle affirmé avec force.
La réaction de l'assemblée a dépassé ses attentes, plusieurs élus se levant pour applaudir son discours audacieux. À l'issue du vote, Christelle Mange a été élue vice-présidente avec 172 voix contre 168 pour Bernard Lougarot. Cette élection marque une avancée, représentant 5 femmes sur 15 vice-présidences au sein de l'Agglomération, un pas vers plus de représentation féminine, même si le chemin reste long.
Alain Iriart, président de l'Agglomération, a reconnu lors du Conseil que seulement 28% des maires du Pays basque sont des femmes. "Cette situation ne doit pas constituer une fatalité", a-t-il déclaré, marquant l'importance d'un engagement collectif pour parvenir à une véritable parité. Christelle Mange, à travers son élection, incarne cette volonté de changement et d'inclusion, instillant l'espoir que d'autres voix féminines se fassent entendre dans le futur.







