Le 23 avril, après une longue journée, il est plus de 22 heures lorsque le proviseur du lycée Camille-Jullian invite Édouard Geffray à prendre congé des élèves « pour leur permettre de dormir maintenant ». Pour le ministre, s'en aller sans avoir laissé quelques mots d'encouragement à ces jeunes en « maths sup » serait inacceptable, surtout à l'aube de leurs concours. « Sentez-vous libre, l’avenir est vaste ! » leur a-t-il conseillé, avant de se retirer à l'internat pour la nuit. Dans un geste symbolique, il a préféré revêtir un pyjama pour conserver la sincérité des échanges.
Ce format de rencontre approfondie est devenu la marque de fabrique de ce ministre, troisième du mandat d'Emmanuel Macron, qui s'inscrit dans cette volonté d'écoute directe : « Parlons vrai ». Les premiers instants de réserve ont rapidement cédé la place à des échanges chaleureux autour d'un repas où il a partagé un plat de poulet-boulghour et ri avec les lycéens, tout en jouant à la pétanque sous le marronnier.
Rachmaninov à 7 heures du matin
Au cours de son séjour, Geffray a également discuté des défis liés à la vie en internat, de l'organisation de la maison des lycéens, et s'est prêté à la séance photo collective, reflétant ainsi sa disponibilité. Une visite des chambres a également permis de rencontrer des élèves de la filière S2TMD (sciences et techniques du théâtre, de la musique et de la danse), qui ont partagé leur quotidien, oscillant entre études et pratiques artistiques. La passion de ces jeunes pour l'art a été palpable, même si le rythme intense peut parfois être épuisant.
À l'étage des filles, une élève du nom d'Anna a pris l'initiative de laisser un mot au ministre, plaidant pour la suppression de l'épreuve de mathématiques au baccalauréat. Surprenant, Édouard Geffray a répondu avec humour : « Est-ce un refus catégorique ? »
Pour préserver le calme nécessaire à l'étude, il a été établi que les pratiques de violon, cor et trompette seraient restreintes à la chapelle. À 7 heures, le ministre a pu assister à l'entraînement de piano d'Alex, qui s'est produit sur des œuvres de Rachmaninov et Sibelius, créant une atmosphère inspirante pour les élèves. Au final, cette immersion dans le quotidien des lycéens à Bordeaux a révélé leur détermination et leur passion, illustrant parfaitement les enjeux que soulève l'éducation aujourd'hui.







