Ne s’étant pas représenté lors des dernières élections municipales, Rémi Penavaire, après cinq mandats, se retire de ses fonctions de conseiller municipal à Lézignan-Corbières. Bien qu'il ne détienne plus de poste électif, il poursuit son engagement au sein du Parti communiste français, une adhésion qui remonte à sa jeunesse.
Durant six ans, il s’est imposé comme l’élément perturbateur de la majorité municipale, n’hésitant pas à exprimer ses opinions sur les sujets sensibles, ce qui a souvent agacé de nombreux élus. Médecin de profession à Lézignan depuis 1986, il fait ses débuts en politique en intégrant l'opposition sous Pierre Tournier en 1989. "Pierre Tournier a beaucoup contribué au développement de notre ville, surtout en ce qui concerne la zone économique," souligne-t-il, malgré de sérieuses désaccords sur des sujets cruciaux comme la défense de l’hôpital.
Un militantisme hérité
Rémi Penavaire décrit son engagement comme un héritage familial : "Mon père a d'abord milité au MRP, puis a rejoint le PSU de Rocard et enfin le PCF. Même si en 1968, j'étais trop jeune pour comprendre pleinement, j'étais déjà impliqué dans les mouvements lycéens." En tant qu’étudiant en médecine, il a soutenu diverses causes, y compris le combat des "reçus-collés" refusés en deuxième année malgré des résultats acceptables. Pour lui, "militer implique rigueur et honnêteté, ce qui facilite les échanges et fait évoluer notre conscience collective."
Le visage d'une politique en mutation
Il a observé d'importantes transformations de la politique locale, exacerbées par la crise du Covid. "L’abstention a augmenté chez les classes défavorisées et le vote RN s’est implanté," craint-il. Les élections de 2020 furent un tournant, engendrant des changements profonds et la montée d'une droite masquée, selon lui, par un apolitisme trompeur.
Rémi Penavaire, malgré tout, voit d’un bon œil l’émergence de la liste "Un nouvel élan pour Lézignan", qui a fait forte impression lors du premier tour. “Leur enthousiasme et leur programme ont proposé une véritable alternative aux habitudes passées et ont mis l’accent sur l'importance de l'engagement des jeunes.”
Vers l'avenir
Critique de l’apolitisme du maire actuel, il prône un rassemblement des forces vives pour revitaliser la ville et redonner une voix aux jeunes. "Se positionner face à la normalisation du Rassemblement national est crucial," insiste-t-il. Son projet à court terme ? Préparer le prochain congrès du PCF, qui se tiendra à Lille, et faire de la section de Lézignan un espace pour partager une mémoire collective sur des thèmes comme la guerre civile espagnole.
Lorsqu’on lui demande si être communiste est encore pertinent aujourd’hui, il répond : "Absolument ! Nos valeurs, telles que le besoin de services publics et d’augmenter les salaires, sont essentielles à la vie de la société. Être communiste, c’est être un fédérateur de luttes." Une définition engagée qui trace la voie de son avenir militant.







