La Colombie, au bord des eaux turquoise de la mer des Caraïbes, reçoit ce mardi et mercredi plus de 50 pays pour une conférence inédite, dédiée à la transition énergétique loin des énergies fossiles. Cet événement survient après l'incapacité des récentes COP à avancer sur la question de la dépendance au pétrole, gaz et charbon.
L'annonce de cette rencontre, coorganisée avec les Pays-Bas, date d'avant la crise énergétique exacerbée par le conflit au Moyen-Orient. En effet, l'augmentation des prix du pétrole depuis mars a renforcé la pertinence de cette réunion à Santa Marta, une ville portuaire devenue le théâtre de débats cruciaux.
Des nations d'Europe, mais aussi du Nigeria, du Canada, de l'Angola et du Brésil, sont représentées ici, tandis que les grands émetteurs de gaz à effet de serre, tels que les États-Unis, la Chine, l'Inde et les pays du Golfe, ne font pas partie des discussions. Selon Rachel Kyte, l'émissaire britannique pour le climat, les participants se réjouissent de pouvoir aborder ces enjeux cruciaux sans tergiversations.
La guerre déclenchée par des attaques sur l'Iran a souligné les dangers de notre dépendance aux énergies fossiles, générant un élan pour un changement nécessaire. Kyte affirme que ces sources d'énergie sont souvent synonyme d'instabilité et que le temps est venu pour des solutions innovantes.
Leur agenda n'inclut pas de mesures contraignantes, mais un nouvel appel d'engagement au monde entier. Les nations s'affairent à élaborer des stratégies pour réduire leur dépendance, en mettant l'accent sur la réforme des subventions énergétiques qui, souvent, freinent les investissements dans les énergies renouvelables.
Une étude récente du International Institute for Sustainable Development révèle que les États investissent cinq fois plus dans les énergies fossiles que dans les renouvelables. À Santa Marta, des scientifiques ont proposé un plan en 12 points pour guider les actions des gouvernements, recommandant notamment l'arrêt de tout nouveau projet d'extraction d'énergies fossiles.
Carlos Nobre, un climatologue brésilien renommé, insiste sur l'absence de justification pour de nouveaux projets d'exploration. Selon lui, même sans nouveaux projets, l'existence des combustibles fossiles actuels entraînera une élévation des températures de 2,5 °C d'ici 2050.
Actuellement, le monde se trouve à une hausse de 1,4 °C par rapport au 19e siècle. Les gouvernements avaient convenu de limiter cette augmentation à 2 °C, voire à 1,5 °C, une cible qui risque d'être dépassée cette décennie. Le défi de remplacer les infrastructures basées sur les combustibles fossiles par des solutions durables s'avère colossal et pourrait prendre plusieurs décennies, même pour des pays résolument engagés comme la Colombie sous la présidence de Gustavo Petro.







