Le tribunal de commerce de Toulouse a décidé ce lundi 27 avril de placer l'entreprise Fibre Excellence, localisée à Saint-Gaudens en Haute-Garonne, en redressement judiciaire. Ce coup dur arrive alors que le site est à l'arrêt depuis jeudi dernier.
Il est intéressant de noter que cette annonce coïncide avec l'inauguration, à Lavelanet, de l'usine Géotex par le président Emmanuel Macron, qui prône la réindustrialisation française. Pendant que l’Élysée célèbre des succès émergents, l’avenir de Fibre Excellence demeure incertain, menacé par des difficultés financières de longue date. La hausse des coûts du bois et des reventes d'électricité y contribue pour des pertes évaluées à 35 millions d'euros en 2025 selon Le Parisien.
Rapidement, la présidente de la région Occitanie, Carole Delga, a exhorté l'État à agir : « Il doit accompagner les 700 salariés et leurs familles dans cette période critique. Nous sommes prêts à investir, à garantir des prêts, et à impliquer d'autres industriels pour renforcer la situation financière », a-t-elle déclaré.
Les syndicats « un peu soulagés »
Lors d'une rencontre avec des représentants gouvernementaux, les syndicats ont exprimé un certain soulagement quant à la décision du tribunal. « Bien que le délai soit court, nous évitons une liquidation immédiate », a noté Sébastien Oustric, délégué syndical CGT de l'usine. Son confrère Laurent Quinto a ajouté : « Nous avons 45 jours pour élaborer une solution », insistant sur la nécessité d'un soutien approprié de l'État.
Les membres du personnel s'inquiètent de l'engagement initial de l'État de débloquer 150 millions d'euros en février, en espérant une révision des tarifs de rachat de l'électricité, qui pourraient atteindre jusqu'à +20 %.
« Si le prix du mégawatt-heure n'est pas aligné sur celui du bois, notre situation devient insoutenable », a averti Quinto. Face à la compétition asiatique, ils doivent s'assurer que les coûts de production soient compétitifs, alors que la production brésilienne se situe entre 1 et 3 millions de tonnes, trois fois moins cher à produire.
10 700 emplois à sauver
Les travailleurs et syndicats ont présenté des modèles de diversification en réponse à la crise lors d'une réunion réunissant le sous-préfet de Saint-Gaudens. Ils sont convaincus que, avec le soutien gouvernemental, leurs projets peuvent rendre ces usines viables. Toutefois, les syndicats réclament 20 millions d'euros pour éviter la perte de 10 700 emplois liés à la filière bois-papier en France.
« Si l'État ne s'engage pas, les conséquences pourraient être catastrophiques, engendrant des coûts de démantèlement pouvant atteindre 500 millions d'euros », a souligné Quinto, espérant une réponse gouvernementale d'ici le 1er mai.







