Les indices boursiers ont marqué une pause lundi, en prévision d'une "semaine de tous les dangers" qui s'annonce déterminante avec les réunions des banques centrales et les publications des résultats trimestriels des géants technologiques américains.
À Francfort et à Paris, les indices phares ont légèrement fléchi (-0,19%). La baisse s'est accentuée à Londres (-0,56%), où Shell, la pétrolière, a dévoilé son projet d'acquisition de la société canadienne ARC Resources pour environ 16,4 milliards de dollars. Le marché milanais a, quant à lui, affiché une stabilité quasi parfaite (+0,04%).
Dans ce climat d'incertitude, Wall Street était également en recul à 16H20 GMT : le Dow Jones et le Nasdaq ont chuté de -0,13%, tandis que le S&P 500 affichait une quasi-stabilité (-0,03%). Le Nasdaq attend avec impatience les résultats de sociétés aux valeurs boursières historiques telles qu'Apple, Amazon, Meta, Alphabet et Microsoft.
"C'est la semaine de tous les dangers, une volatilité est à prévoir," explique Frédéric Rozier de Mirabaud lors d'un entretien avec l'AFP. Les résultats des géants technologiques seront essentiels pour évaluer la poursuite de la croissance dans le secteur des semi-conducteurs, qui a récemment enregistré une hausse importante, comme l'indiquent les performances de sociétés comme Nvidia et STMicroelectronics. "Si la hausse du secteur n'est pas soutenue par les résultats des GAFAM, nous pourrions assister à une correction," poursuit Rozier.
Les marchés ressentent également l'effet paralysant des tensions militaires et des négociations au Proche-Orient. Selon Andreas Lipkow de CMC Markets, "les volumes de transactions continuent de diminuer, la majorité des investisseurs restant prudents et se concentrant sur un nombre restreint de valeurs". Malgré tout, "l'espoir d'une résolution imminente du conflit avec l'Iran reste présent et semble soutenir les actions européennes," ajoute-t-il, partageant l'avis de nombreux analystes.
La situation au Proche-Orient, incluant la quasi-fermeture du détroit d'Ormuz, continue de générer des tensions sur l'approvisionnement mondial en pétrole. Des médias américains rapportent que le président Donald Trump tiendra une réunion d'urgence aujourd'hui concernant l'Iran, alors que les pourparlers de cessez-le-feu stagnent.
- Le pétrole en hausse -
Dans ce contexte complexe, les prix du pétrole poursuivent leur ascension. Vers 16H30 GMT, le baril de West Texas Intermediate (WTI) était en hausse de 1,79%, atteignant 96,09 dollars. Le Brent, référence mondiale, progressait plus vigoureusement avec une hausse de 2,77% à 108,25 dollars.
- En attendant Powell et Lagarde -
Outre les résultats sectoriels, les investisseurs devront prêter attention aux déclarations de Jerome Powell, président de la Fed, et de Christine Lagarde, présidente de la BCE. Bien qu'aucune hausse des taux ne soit anticipée, reste à voir comment les banquiers centraux établiront un équilibre entre lutte contre l'inflation et soutien à la croissance économique. Kevin Thouzet de Carmignac estime que la Fed devrait maintenir ses taux dans une fourchette entre 3,5% et 3,75%, tout en soulignant la résilience de l'économie américaine, avec une croissance solide et un marché du travail stable.
La BCE devrait également choisir la stabilité, maintenant ses taux directs à 2%. Néanmoins, Christine Lagarde pourrait profiter de sa conférence pour préparer le terrain pour de potentielles augmentations en juin, selon Felix Feather, économiste chez Aberdeen.
En Europe, les taux d'intérêt ont légèrement augmenté, le rendement des emprunts d'État allemands à dix ans atteignant 3,03%, en hausse par rapport à 2,99% vendredi. Le taux français, quant à lui, est passé à 3,68%, contre 3,63% précédemment.
Les investisseurs guetteront également l'indice des prix en zone euro pour avril, ainsi que l'indice d'inflation PCE, la mesure préférée de la Fed, pour le mois de mars aux États-Unis, tous deux prévus pour jeudi.







