Face à l'augmentation des refus de prêts immobiliers, le député Lionel Causse a décidé de faire bouger les lignes. Il propose de réintégrer la notion de "reste à vivre" dans l’évaluation des dossiers de crédit. Cette évolution pourrait faciliter l'accès aux financements pour de nombreux ménages qui, malgré des finances saines, se voient écartés.
Selon Le Figaro, les demandes de crédits immobiliers ont subi une hausse des refus ces dernières semaines. Le taux d'usure, qui fixe un plafond légal, reste l'un des principaux obstacles, en particulier pour les seniors, qui affrontent des coûts d'assurance nettement plus élevés.
Est-il pertinent de limiter le taux d’endettement à 35 % ?
En réalité, c'est une règle plus restrictive, le taux d'endettement plafonné à 35% depuis 2021 par le Haut Conseil de stabilité financière, qui pose problème. Bien que certaines dérogations existent pour les primo-accédants, cette limitation s'applique à tous.
Critiquée pour son manque de flexibilité, cette règle ne prend pas en compte le "reste à vivre" — l'argent restant après le paiement des charges — qui était un critère fondamental dans l'évaluation de la capacité d’emprunt. En réintroduisant ce critère, le député soutient que l’on pourrait mieux considérer la réalité économique des emprunteurs.
Les professionnels favorables à un assouplissement
Cette initiative a reçu le soutien des professionnels du secteur, en particulier des courtiers, et semble rencontrer plus d'adhésion de la part des banques qu’auparavant. En effet, elle pourrait permettre d'accepter jusqu'à 15% de demandes de prêts supplémentaires, selon des estimations du Figaro.
Des experts interrogés par Le Figaro estiment qu'il est incohérent de refuser un prêt à des ménages ayant un reste à vivre confortable, même si leur taux d'endettement dépasse 35%. Dans un climat de demande pour les crédits immobiliers plutôt faible, ils plaident pour une évaluation plus individualisée, loin des standards rigides actuels.







