[TRIBUNE] En France, bien que le trotskisme n'ait jamais émergé comme force électorale, il a réussi à s'ancrer profondément dans la société, souligne André Rougé, député du Rassemblement national et président des « Horaces ».
Récemment, le Conseil d'État a validé la dissolution d’un groupe trouble lié à LFI. Jean-Luc Mélenchon, quant à lui, a déclaré qu'il se présentera à l'élection présidentielle. « La vie est là, simple et tranquille » dans la « Trotskosphère » ! Raphaël Arnault a été aperçu à l'Assemblée nationale, sans montrer de remords après le lynchage de Quentin Deranque, révélant un manque d'humanité qui est au cœur même du trotskisme.
Le trotskisme reste une zone grise dans la politique française : influent, mais toujours entouré d'un silence inquiet. Ce courant se réclame de Léon Trotski, non pas simplement comme un théoricien, mais comme un architecte de la terreur qui a contribué à mettre en place un système répressif, incluant la militarisation et l'usage d'otages. Victor Serge écrivait en 1921 : « Plongé jusqu'à la ceinture dans le sang fraternel des travailleurs, le feld-maréchal Trotski a, le premier, tiré sur Kronstadt ». Un héritage troublant que l'on ne peut ignorer.
Si le Goulag appartient à Staline, Trotski avait déjà cimenté les bases de la répression. Refuser de reconnaître cette continuité, c’est se voiler la face sur un trotskisme idéalisé, en oubliant ses conséquences tragiques. En France, le trotskisme a réussi à infiltrer des secteurs clés tels que les syndicats et les universités. Là où d'autres cherchent un pouvoir direct, les trotskistes, comme ceux de l'OCI, optent pour une approche stratégique, patient, laissant peu de traces visibles.
Leurs méthodes d'« entrisme » consistent à infiltrer les organisations tout en maintenant leur propre structure, transformant lentement le paysage politique sans conflit ouvert. L’observation de Trotski en 1934, qui a signé l'entrée de son courant dans la SFIO, préfigurait cette tactique.
Dans les années 70 et 80, le parti socialiste de François Mitterrand est devenu un terrain fertile pour un trotskisme déguisé. Des figures comme Jean-Christophe Cambadélis et Lionel Jospin témoignent d'un phénomène plus vaste : une certaine gauche ayant subi l'influence de l'extrême gauche révolutionnaire.
Avec le temps, nombreux sont ceux qui, comme Mélenchon, ont évolué vers des fonctions plus convenues au sein de l'establishment, tout en conservant la culture politique de la lutte. Mélenchon, en tant qu'ancien militant de l'OCI, incarne cette transformation. Son ascension personnelle dans un climat politique post-socialiste démontre au mieux les synergies entre idéal révolutionnaire et tactique politique moderne.
Cependant, bien que LFI ne soit pas un trotskisme classique, il aspire à une conquête et se conforme aux enseignements de Trotski, où la lutte électorale se combine avec l'usage de toutes les stratégies pour la victoire. Un contexte propice à la prolifération de telles idéologies.
Enfin, la difficulté pour une certaine droite de reconnaître cet héritage trotskiste est une réalité, mais la porosité entre la gauche bourgeoise et des figures comme Mélenchon témoigne d'une vérité dérangeante : une part de la culture politique française contemporaine trouve ses racines dans un passé révolutionnaire, dont la violence reste une lueur du souvenir.
La jeunesse politique d'aujourd'hui doit être vigilante : l'ombre du trotskisme plane toujours, transformant des adversaires en ennemis dans un climat de radicalité croissante. Le refus d'alliance du Parti socialiste avec LFI est révélateur d'une lutte idéologique profonde, tout en continuant à pactiser localement pour contrer les menaces perçues de l'extrême droite.
Le trotskisme, avec son poids historique et ses millions de victimes, n'est pas qu'une relique du passé. Sa présence persistante, notamment à travers LFI et sa « Jeune Garde », doit nous alerter sur les dérives possibles de notre paysage politique.







