A Bucarest, un tournant politique majeur vient de se produire avec la chute du gouvernement, résultant d'une motion de censure adoptée avec une majorité écrasante. Ce changement a suscité de nombreuses interrogations, notamment sur les contradictions au sein de la gauche qui a maintenu sa position jusqu'au dernier moment avant de voter pour la démission de l'exécutif. La presse roumaine s'interroge sur la signification de cette nouvelle crise dans un pays déjà en proie à des difficultés économiques persistantes.

La motion de censure a été votée presque à l'unanimité – 281 voix pour sur 288 présents. Cette situation marque le septième gouvernement à tomber depuis la chute du communisme, se demandent les analystes du Libertatea. Ilie Bolojan, le Premier ministre, avait été désigné pour sortir la Roumanie d'une crise profonde, marquée par un endettement accru et un déficit public alarmant.

Les événements récents, comme la montée en puissance du parti d'extrême droite AUR et l’annulation de la présidentielle de 2025, ont ajouté à la pression sur le gouvernement. “L'héritage de ce gouvernement ne fait que qu’un passage rapide dans l'histoire”, affirme Politico, soulignant l’incohérence d’une coalition où le PSD a désormais choisi de se désengager en retirant ses ministres juste avant la motion.

Une stratégie risquée pour la gauche

Pour Hotnews, cette situation révèle le dilemme auquel fait face la gauche, qui a voté les mesures du gouvernement Bolojan avant de le dénoncer. “Quel que soit l’angle adopté, il est impossible de ne pas noter que la gauche a été complice en votant pour les décisions de Bolojan, avant de se retourner contre lui,” a souligné un commentateur du site.

Le président Nicusor Dan, dans un rôle de médiateur désormais renforcé, devra organiser des consultations pour déterminer le futur cabinet. En l'absence d'une validation par le Parlement, des élections anticipées pourraient être envisagées. Les citoyens, quant à eux, assistent, avec amertume, à la répétition des crises politiques sans solution tangible. “Quand on s’attaque à un roi, il vaut mieux s’assurer qu’il est réellement mort,” avertit Hotnews, notant que Bolojan pourrait devenir un adversaire sérieux pour Dan à l’élection présidentielle.