Mercredi, l'ancienne Première ministre Elisabeth Borne a fait une annonce marquante en se retirant de la direction du parti Renaissance. Bien qu'elle conserve son adhésion, elle a révélé être en désaccord avec la ligne politique actuelle, portée par le secrétaire général Gabriel Attal.
Lors d'une interview sur France Inter, Borne a expliqué : "Je suis en désaccord avec la ligne actuelle", ajoutant avec regret que celle-ci n'était pas suffisamment débattue en interne. Elle a ainsi décidé de quitter le Conseil national du parti, de se retirer du bureau exécutif et de se concentrer sur son projet personnel, Bâtissons ensemble, qui vise à rassembler au-delà des partis.
Préparant la sortie de son livre Réveillons-nous! (Robert Laffont), prévue pour jeudi, Borne a précisé qu'elle demeurerait une simple adhérente de Renaissance. "Je tiens aux militants et aux valeurs que nous avons portées depuis 2017, mais je ne souhaite pas participer aux instances du parti." Cette déclaration de retrait coïncide avec les efforts de Gabriel Attal en vue de la présidentielle, où il tente de devancer Édouard Philippe.
En août 2024, Borne avait annoncé sa candidature à la tête de Renaissance, mais a ensuite renoncé à présenter sa propre liste pour s'aligner avec Attal, qui dirige le groupe macroniste à l'Assemblée nationale. Cependant, sa loyauté envers sa ligne de conduite semble aujourd'hui questionnée ; elle avait même exprimé, dans La Tribune, que "Renaissance n'est pas un parti, c'est l'agence de communication de Gabriel Attal".
Interrogée sur les points de divergence avec la stratégie de Renaissance, elle a évoqué la nécessité de respecter le droit international et la Constitution. Borne a également exprimé des réserves sur plusieurs initiatives phares du parti, comme l'interdiction du voile pour les mineures de moins de 15 ans.
Son absence au discours de clôture du meeting de Gabriel Attal en septembre 2025 et au dernier bureau exécutif a confirmé le fossé croissant entre elle et les nouvelles orientations du parti. Une source proche de Gabriel Attal a noté que Borne aurait pu utiliser le Conseil national pour remettre en question le secrétaire général avec des propositions de fond.
Concernant sa critique du style de gouvernance d'Emmanuel Macron, Borne a affirmé que les "intuitions" de 2017 étaient valables, mais qu'une approche différente était requise aujourd'hui. Elle a plaidé pour une réduction du pouvoir décisionnel solitaire du président et un examen minutieux de la procédure de dissolution de l'Assemblée nationale.
Borne soutient également le retour à un septennat non renouvelable et a suggéré que le Premier ministre devrait présider le Conseil des ministres, un changement fondamental par rapport à la présidence actuelle. Alors qu'elle est souvent citée comme une potentielle candidate pour 2027, elle insiste sur le fait que ses priorités demeurent l'élaboration de propositions plutôt que d'aspirer à un poste électif.







