Depuis peu, les émissions politiques sur certaines chaînes libanaises abordent la question de la normalisation avec Israël sans crainte de tabous. Cela marque un tournant significatif dans le paysage médiatique, comme l'ont souligné plusieurs experts.
Lors de son émission phare Sar El-Waqt le 16 avril, le présentateur Marcel Ghanem a ouvert les discussions sur l'éventualité de négociations entre le Liban et Israël, visant à mettre fin à la hostile situation avec le Hezbollah. "Celui qui aspire à la paix n’est pas un criminel. Le véritable criminel est celui qui cherche la guerre", a-t-il déclaré, illustrant une perspective courageuse à l'heure où ces sujets étaient autrefois considérés comme délicats.
“Celui qui aspire à la paix n’est pas un criminel. Le véritable criminel, c’est celui qui cherche la guerre.”
Quelques jours plus tard, un invité a proposé la création d'une ambassade israélienne à Beyrouth lors d'une autre émission sur la même chaîne. Ces idées, autrefois irréalistes, sont désormais discutées ouvertement, représentant un changement culturel au Liban, selon le quotidien israélien Ha’Aretz.
Le dialogue sur Israël et la paix n’est plus un sujet tabou. Cela indique une polarisation croissante de la société libanaise face au Hezbollah, un acteur souvent critiqué. Par ailleurs, la liberté d'expression au Liban est l'une des plus avancées du Moyen-Orient, comme l’indique Maryam Younnes, experte en communication.
La culture de la “sobhiyyeh”
L’arrivée de ces débats publics illustre une soif de dialogue au Liban, un pays où les citoyens sont avides de discussions politiques, souvent accompagnées de café et de pâtisseries lors de la tradition de la sobhiyyeh. Cette culture des échanges est essentielle au tissu social libanais.
Bien que l’alignement public sur ces sujets reste rare et parfois contesté par ceux qui soutiennent le Hezbollah, le fait que des personnalités influentes comme Marcel Ghanem abordent ces thèmes suggère une acceptation croissante de la possibilité de la paix avec Israël. Ces talk-shows sont parmi les programmes les plus regardés dans le pays, prouvant l'intérêt croissant des Libanais pour ces discussions essentielles.
Alors que des négociations directes sont prévues les 14 et 15 mai à Washington pour maintenir une trêve fragile entre Israël et le Hezbollah, l'impact de ces débats télévisuels pourrait influencer non seulement l'opinion publique mais aussi la politique étrangère libanaise à long terme.







