Le parquet général a réclamé ce mardi la condamnation intégrale de Nicolas Sarkozy lors de son procès en appel lié aux affaires libyennes. L'ex-président français est accusé de corruption et de financement illégal de campagne, en lien avec un prétendu « accord » avec le dictateur Mouammar Kadhafi.
« Il existe bel et bien un accord entre Nicolas Sarkozy et Mouammar Kadhafi, stipulant qu'en échange de fonds libyens, des démarches pour lever un mandat d'arrêt sur Abdallah Senoussi devaient être engagées », a déclaré l'avocat général Damien Brunet, lors des plaidoiries.
En première instance, en 2025, le parquet national financier avait également demandé la condamnation de Sarkozy sur quatre chefs d'accusation. Les procureurs avaient alors requis une peine de sept ans de prison.
Malgré cela, Nicolas Sarkozy avait été acquitté sur trois des points et déclaré uniquement coupable d'association de malfaiteurs, recevant une peine de cinq ans de prison ferme, dont il purge une partie.
Durant son réquisitoire, le parquet général a poussé les juges à reconsidérer leurs décisions concernant les charges de corruption. L'avocat général a mis en lumière des virements bancaires de 2006, d’un total d'environ 6 millions d'euros, vers des comptes associés à Ziad Takieddine, proche de Sarkozy, après des rencontres secrètes avec Abdallah Senoussi.
Senoussi, ayant commandité l'attentat du DC-10 d'UTA en 1989, fait l'objet d'un mandat d'arrêt international après avoir été condamné à perpétuité en 1999 en France. L’engagement de Kadhafi à garantir la liberté de mouvement de son bras droit a été pointé par le ministère public comme un facteur central dans cette affaire.
Concernant la corruption, les juges avaient dans un premier temps déterminé que Sarkozy avait agi en tant que candidat à la présidentielle de 2007 et non en tant que fonctionnaire public, ce qui avait conduit à son acquittement. Cependant, le parquet voit les choses différemment et affirme qu'il est à la fois porteur d'autorité publique et lui-même victime d'un système financier devenu illégal.
L'avocat général a également exigé que Sarkozy soit reconnu coupable de financement illégal de sa campagne présidentielle de 2007, arguant qu'il aurait mêlé ses comptes de campagne aux manigances avec le régime libyen.
« Vous aurez la conviction que des fonds publics libyens ont été détournés pour assouvir les ambitions politiques de Sarkozy », a insisté l’accusation. Ces actions auraient, selon les procureurs, faussé le financement de l'élection présidentielle et terni l'image des institutions républicaines.
La suite des réquisitions se concentrera sur d'autres facettes de ce dossier complexe. Les verdicts finaux devraient être prononcés demain.







