Après plus de deux ans d'investigations minutieuses, un organisme israélien a publié le 12 mai dernier, un document exhaustif de près de 300 pages qui met en lumière les violences sexuelles perpétrées par le Hamas lors des événements traumatisants du 7 octobre et sur les otages à Gaza. Ce rapport, qualifié de cœur de la recherche sur ce sujet, vise à faire entendre la voix des victimes et à soutenir leur quête de justice, comme le souligne The Jerusalem Post.

Au premier plan de cette publication se trouve une image frappante : une jeune manifestante, le visage, les mains teintées de rouge et les poignets ligotés, clamant la libération des otages israéliens enlevés lors de cette journée tragique. Elle est accompagnée par le message marquant : “Plus jamais réduites au silence”.

C'est sous cette couverture évocatrice que le quotidien israélien anglophone a décidé d'illustrer la sortie de ce rapport, décrivant l’“utilisation systématique” de la violence sexuelle, du viol et du concept de “kinocide” (le ciblage des familles) par le Hamas.

Un changement majeur pour la justice

La publication de ce rapport est une étape clé, un tournant qui pourrait transformer la perception de ces atrocités : “La question ne sera plus simplement de savoir si ces actes ont eu lieu, mais quelles seront leurs répercussions”, affirme Cochav Elkayam-Levy, juriste et présidente de la Civil Commission on October 7th Crimes by Hamas Against Women, Children and Families, l’entité responsable de cette analyse détaillée.

Créée en novembre 2023, cette commission a scruté plus de 10 000 images et heures de vidéo, s'engageant dans plus de 430 entretiens et rencontres avec des survivants, témoins et membres des familles des victimes. Les résultats montrent des violences sexuelles “systématiques et à grande échelle”, réalisées avec une “extrême cruauté”, débouchant sur de profonds “souffrances humaines”.

Le rapport espère également servir de base à de futurs “procès”, les actes documentés pouvant être considérés comme des “crimes de guerre, des crimes contre l’humanité et des actes génocidaires” selon le droit international. Par ailleurs, le Parlement israélien a récemment voté un projet de loi pour établir des tribunaux militaires spéciaux destinés à juger les combattants du Hamas impliqués dans ces attaques.

Comme le décrit un éditorial de The Jerusalem Post, “Depuis plus de deux ans, les plaintes des victimes du 7 octobre sont ignorées par de nombreuses instances internationales”. Le journal insiste sur l'importance de faire entendre leur voix pour obtenir justice.