Non-lieu demandé pour Aurore Bergé dans l'affaire des crèches privées

La ministre Aurore Bergé voit ses accusations d'escroquerie abandonnées après une enquête délicate.
Non-lieu demandé pour Aurore Bergé dans l'affaire des crèches privées
Aurore Bergé, ministre à l'Egalité entre les femmes et les hommes, lors du Festival de Cannes, le 13 mai 2026. (VALERY HACHE / AFP)

Le parquet général a récemment annoncé la requête d'un non-lieu pour Aurore Bergé, la ministre déléguée à l’Égalité entre les femmes et les hommes. Soupçonnée de mensonge sous serment concernant ses interactions avec une lobbyiste des crèches privées, Bergé a été entendue à deux reprises dans le cadre de cette enquête, en juin et octobre 2025. Elle avait été placée sous le statut de témoin assisté, suscitant de vives inquiétudes quant à sa conduite.

L'ouverture de l'information judiciaire remonte à janvier 2025, suite à des allégations formulées par des députés de La France insoumise et d'autres membres du groupe Ecologiste et Social. Ces derniers accusaient la ministre, issue des Républicains, d'avoir dissimulé ses liens avec des lobbys devant la commission d'enquête parlementaire sur le fonctionnement économique des crèches, qui s'est tenue le 30 avril 2024.

Echanges controversés

Lors de son audition, Aurore Bergé avait catégoriquement nié avoir eu des relations personnelles, intimes ou amicales avec Elsa Hervy, la déléguée générale de la Fédération française des entreprises de crèches (FFEC). Pourtant, le journaliste Victor Castanet, dans son livre analytiques Les Ogres, évoque un "pacte de non-agression" entre les deux femmes. Cette révélation a suscité des interrogations sur l’intégrité des déclarations de la ministre.

Aurore Bergé a réagi avec fermeté, affirmant que son rôle ministériel l’obligeait à dialoguer avec diverses parties prenantes, mais cela ne signifiait pas qu'elle souscrivait à leurs opinions. Elle a également décidé de porter plainte pour diffamation. De son côté, Elsa Hervy a reconnu avoir eu des échanges directs avec Bergé, tout en minimisant la nature de leur relation, affirmant qu'il s'agissait simplement d'une communication standard entre acteurs du secteur.

Cette affaire soulève des questions sur l’influence des lobbys dans les affaires publiques et met en lumière les difficultés auxquelles font face les responsables politiques lorsqu’ils tentent de naviguer entre interactions professionnelles et obligations éthiques. Selon le politologue Jean-Luc Lagrange, "ces situations exposent la complexité des rapports entre le pouvoir et les intérêts privés, rappelant l'importance de la transparence dans la prise de décision politique."

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