Mardi 19 mai, lors de l'émission "Tout est politique", Thomas Ménagé, député Rassemblement National du Loiret, a évoqué des thèmes clés du programme économique de son parti en amont des futures élections.
Nathalie Saint-Cricq : Sur l'assurance maladie, pensez-vous qu'il faut être plus strict sur les arrêts maladie et traquer la fraude ?
Thomas Ménagé : Oui, il existe des abus dans les arrêts maladie, souvent émis via Doctolib sans justification. En revanche, augmenter les franchises n'est pas la solution. Les Français ont déjà supporté des hausses de coûts dans le système de santé. L'accent doit être mis sur la fraude, et non sur les travailleurs honnêtes qui peinent à accéder à des soins.
Nathalie Saint-Cricq : La notion d'assistanat, récemment réintroduite par Marine Le Pen, mérite-t-elle d'être examinée ?
Thomas Ménagé : Vous avez raison. Dans certains cas, il est plus avantageux de cumuler des aides sociales plutôt que d'accepter un emploi au SMIC, surtout avec le coût de la vie qui grimpe. Les dépenses liées aux transports, à la garde d'enfants ou aux repas peuvent désavantager ceux qui veulent respecter les lois en travaillant.
Sonia Chironi : Qu'en est-il de votre engagement pour la retraite à 62 ans ? Est-ce que cela sera maintenu dans le programme d'une éventuelle victoire politique ?
Thomas Ménagé : Oui, nous tenons à cet engagement. Emmanuel Macron a prouvé que l'on ne pouvait pas s'accrocher à un programme figé face à un monde en changement.
Sonia Chironi : Toutefois, beaucoup d'économistes insistent sur des limitations quant à votre projet de retraite.
Thomas Ménagé : Je ne partage pas cette vision. Avec des réformes économiques et des améliorations de productivité, nous pouvons envisager un retour à 62 ans. Un rapport du Conseil d'orientation des retraites indique qu'atteindre le taux d'emploi des Pays-Bas, supérieur de 10 points à celui de la France, générerait 140 milliards d'euros de recettes fiscales.
Nathalie Saint-Cricq : Cela réduirait également les indemnités de chômage.
Thomas Ménagé : Absolument. Nous devons réindustrialiser la France et encourager ceux qui abusent du système à entrer sur le marché du travail. Avec ces mesures, une retraite à 62 ans devient viable.
Nathalie Saint-Cricq : D'autres pays tendent à allonger l'âge de la retraite. N'est-ce pas un enjeu auquel nous devrions réfléchir ?
Thomas Ménagé : Vous soulevez un point pertinent. Bien que d'autres pays adoptent un modèle différent, il est essentiel de noter que les Français cotisent plus. Ici, la charge fiscale s’élève à 28 % du revenu, contre une moyenne de 18 % dans l’OCDE.
Nathalie Saint-Cricq : En revanche, le taux de conversion brut/net en Allemagne est souvent un sujet de débat.
Thomas Ménagé : Il est essentiel que la France trouve un juste équilibre. Bien que nous cotisions plus, cela devrait permettre une pension de meilleure qualité. Une harmonisation avec les normes OCDE pourrait obliger à prolonger l'âge de départ tout en assurant une retraite équilibrée.
Nathalie Saint-Cricq : Quelle est la relation entre les idéologies de Marine Le Pen et Jordan Bardella ?
Thomas Ménagé : Il n'y a aucune divergence significative. Bien que Marine se positionne comme ni droite ni gauche, leur programme est cohérent et équilibré, sans différences fondamentales.
Sonia Chironi : Concernant la surtaxe sur TotalEnergies, y a-t-il un désaccord dans la ligne de pensée entre le duo ?
Thomas Ménagé : Non, ils partagent une vision commune. Toutefois, Jordan a raison de dire que la taxation ne devrait pas être la première réaction à des profits, surtout lorsque ceux-ci ne sont pas réalisés en France.
Cliquez sur la vidéo pour écouter l'entretien dans son intégralité.







