Mardi, les coûts d'emprunt des États ont continué d’augmenter, alimentés par l’inquiétude croissante concernant l’inflation et des prix du pétrole en flambée, exacerbés par l’impasse actuelle dans le conflit au Moyen-Orient.
Aux États-Unis, le rendement des obligations à 30 ans a atteint un niveau alarmant, signalant une chute des actions pour la troisième journée consécutive. "Nous avons observé que les rendements des obligations ont atteint leur niveau le plus élevé depuis 19 ans", déclare Jose Torres, analyste chez Interactive Brokers.
Cette échéance a frôlé les 5,19 % durant la séance, une performance inédite depuis la crise financière de 2007, alors qu’elle se situait à 5,12 % la veille et à environ 4,61 % avant le début des frappes israélo-américaines en Iran, fin février de cette année.
Le taux d’emprunt de l’État américain à dix ans a également connu une hausse significative, atteignant 4,69 %, un sommet depuis début 2025, en hausse par rapport à 4,59 % la veille. Avant le début des conflits, ce taux était fixé à 3,94 %.
En Europe, les rendements des emprunts allemands à dix ans sont également en hausse, atteignant 3,19 %, contre 3,14 % précédemment. Le rendement des obligations françaises a connu une augmentation similaire, se chiffrant à 3,83 %, en hausse par rapport à 3,77 %.
"Les marchés obligataires s’attendent à une inflation qui pourrait se montrer durablement élevée et ne croient plus vraiment en un éventuel accord entre l'Iran et les États-Unis," analyse Antoine Andreani, de XTB, dans un entretien avec l’AFP.
Parallèlement, le détroit d'Ormuz, crucial pour le transit d’une part significative du pétrole mondial, reste dans une situation tendue, exerçant ainsi des pressions continues sur le prix de l’or noir.
Une récente enquête mondiale a montré une montée de l'inflation dans diverses économies, de l'Asie à l'Amérique du Nord, en passant par l'Europe, impression renforcée par la montée des prix du pétrole.
Bien que les prix du pétrole aient légèrement reculé mardi, ils demeurent à des niveaux élevés. Le prix du baril de Brent de la mer du Nord a chuté de 0,73 % pour se chiffrer à 111,28 dollars, tandis que le West Texas Intermediate a perdu 0,82 % pour atteindre 107,77 dollars. Avant le conflit, les prix étaient autour de 70 dollars le baril.
Dans un contexte de hausse des coûts de la dette publique américaine, le dollar a également profité de cette situation, gagnant 0,43 % face à l’euro, s’établissant à 1,1606 dollar pour un euro.
- Wall Street dans l'attente de Nvidia -
Ce climat d’incertitude et la montée des taux obligataires ont conduit Wall Street à finir dans le rouge, avec le Dow Jones en baisse de 0,65 %, le Nasdaq perdant 0,84 % et l’indice S&P 500 chutant de 0,67 %.
"L’attention se concentre sur Nvidia", prévient Antoine Andreani de XTB, alors que la société de technologie et d'intelligence artificielle s'apprête à annoncer ses résultats trimestriels après la clôture des marchés. John Belton de Gabelli Funds rappelle que Nvidia a régulièrement affiché des résultats impressionnants, ce qui devrait se poursuivre, bien que les interrogations portent sur les rendements à long terme.
Une déception majeure pourrait entraîner une correction significative des marchés, dans le contexte actuel agité, selon Andreani. Le moral des investisseurs semble également affecté par les développements concernant la guerre en Iran, soulignant qu’"alors que l’IA continue de supporter les actions américaines, les effets du conflit commencent à peser sur le climat d'investissement", déclare Florian Ielpo de Lombard Odier.
- Les Bourses européennes font preuve de résistance -
Une déclaration de Donald Trump, annonçant l'annulation d'une attaque planifiée contre l'Iran, a initialement apporté un peu de soutien aux cours boursiers en Europe. Selon Andreas Lipkow, analyste chez CMC Markets, "la situation reste très fragile et pourrait évoluer à tout moment". Au cours de la séance, l’enthousiasme a quelque peu vacillé, mais la majorité des indices ont réussi à éviter le rouge, Francfort enregistrant un gain de 0,38 %, tandis que Paris et Londres ont clôturé presque à l’équilibre. En revanche, Milan a cédé 0,65 %.







