Les ministres des Finances du G7 se sont réunis à Paris, affirmant leur soutien à "une coopération multilatérale" face aux secousses économiques engendrées par la guerre au Moyen-Orient, tout en admettant des désaccords avec les États-Unis.
Sous l'égide de la France, cette rencontre vise à préparer le sommet des dirigeants du G7 qui se tiendra à Evian du 15 au 17 juin, rassemblant les pays membres : Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni.
Les discussions, élargies à des pays invités tels que le Kenya, le Brésil et l'Inde, ont été l'occasion de réaffirmer l'engagement des ministres et banquiers centraux envers le multilatéralisme. Cependant, ce soutien survient dans un contexte géopolitique complexe, avec des tensions croissantes autour des États-Unis, comme l'a souligné le ministre français Roland Lescure lors d'une conférence de presse.
"La crise actuelle souligne la nécessité de maintenir le dialogue international", a précisé Lescure. Il a ajouté que le multilatéralisme ne vise pas à obtenir un consensus total, mais plutôt à instaurer un dialogue ouvert, indispensable pour aborder des enjeux économiques majeurs, tant à court qu'à long terme.
- Une réunion constructive -
Parmi les préoccupations majeures abordées figuraient la crise au Moyen-Orient, les déséquilibres économiques globaux, la redéfinition des relations avec les pays en développement, ainsi que les enjeux liés aux minerais critiques. Ces sujets, selon Lescure, alimentent des tensions accrue, notamment dues au déficit des États-Unis, au manque d'innovation en Europe, et à la consommation stagnante en Chine.
Sur la plateforme X, Scott Bessent, un expert américain, a salué le caractère "constructif" des échanges, en particulier sur les menaces émergentes liées à l'Iran et aux minerais critiques. Le commissaire européen à l'Économie, Valdis Dombrovskis, a également jugé la rencontre "productive", en positionnant la déclaration finale comme un socle solide pour le débat à venir à Evian.
Concernant la situation au Moyen-Orient, le G7 a souligné l'urgence de rouvrir le détroit d'Ormuz, tout en plaidant pour un cessez-le-feu. Le blocage de cette voie stratégique par l'Iran a non seulement fait grimper les prix du pétrole, mais a aussi menacé la croissance économique mondiale, alors que le baril dépasse les 100 dollars, suscitant des craintes inflationnistes.
En réponse à cette crise, les ministres ont convenu de "mesures temporaires et responsables" tout en refusant d'adopter des restrictions à l'exportation jugées arbitraires. Ils ont également évoqué un "plan d'action" concernant l'approvisionnement en engrais, qui devrait être discuté lors de la rencontre d'Evian.
- Maintenir la pression -
Les banques centrales, présentes à ces discussions, ont réaffirmé leur détermination à garantir la stabilité des prix et la résilience du système financier. Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a indiqué que les banques européennes sont prêtes à agir pour ramener l'inflation à 2% à moyen terme.
Sur un autre front, le G7 a une fois de plus exprimé sa ferme opposition à la guerre de la Russie en Ukraine, avec une intention claire de maintenir la pression sur le pays. Néanmoins, des désaccords subsistent, notamment en ce qui concerne l'adoption par les États-Unis d'une exemption de sanctions sur le pétrole russe, conçue pour atténuer la flambée des prix.
Enfin, une autre source de préoccupation a été identifiée par le G7 : la concentration de la production et de la transformation des minerais critiques entre les mains de quelques pays, à l'image de la Chine, affectant gravement les chaînes d'approvisionnement essentielles pour l'industrie moderne.







