Le marché des obligations est secoué à nouveau, avec une envolée des taux d'intérêt des emprunts d'État ce mardi. Les craintes d'une inflation persistante, exacerbées par le blocage du détroit d'Ormuz et la flambée des prix du pétrole, en sont les principales causes.
À 15H40 GMT, le taux d'intérêt de la dette américaine à dix ans s'établissait à 4,67%, atteignant un sommet inégalé depuis début 2025, en hausse par rapport à 4,59% la veille, tandis que le rendement à 30 ans se chiffrer à 5,18%, un niveau record depuis 2007. En Europe, la situation est similaire : le rendement des emprunts allemands à dix ans a enregistré une hausse à 3,18%, contre 3,14% la veille, se rapprochant des niveaux de 2011.
En France, le taux d'intérêt a grimpé à 3,82%, en hausse par rapport à 3,77%, tandis que le taux italien est monté à 3,97%. "Les marchés obligataires anticipent une inflation durablement élevée et demeurent pessimistes concernant un éventuel accord entre l'Iran et les États-Unis", déclare Antoine Andreani, analyste chez XTB.
Le détroit d'Ormuz, par où transite habituellement 20 % du brut mondial, reste toujours bloqué, maintenant ainsi une pression constante sur les prix du pétrole. Ces hausses commencent à affecter les principales économies mondiales, avec des indicateurs économiques signalant une inflation croissante, de l'Asie à l'Amérique du Nord, en passant par l'Europe.
Les prix du pétrole, bien qu'en légère baisse, demeurent à des niveaux élevés; le Brent de la mer du Nord s'échangeait à 110,46 dollars le baril (-1,46 %) et le WTI à 108,06 dollars (-0,55 %), alors que, avant le conflit, les prix tournaient autour de 70 dollars.
Sur le marché des changes, le dollar, renforcé par son statut de valeur refuge, monte à 1,1603 dollar pour un euro (+0,45 %).
- Wall Street sous pression -
Dans un climat d'incertitude, Wall Street a affiché une tendance à la baisse, les investisseurs se détournaient des actifs technologiques. À 15H40 GMT, le Nasdaq affichait une baisse de 0,94 %, de même que le S&P 500 qui reculait de 0,62 %. Le Dow Jones chutait de 0,41 %.
"Tout le monde attend les résultats de Nvidia, qui seront publiés après la fermeture des marchés mercredi", prévient Antoine Andreani. Ce fabricant de microprocesseurs symbolise l'espoir des investisseurs en matière d'innovation technologique liée à l'intelligence artificielle. Cependant, dans l'attente de ces résultats, les investisseurs n'hésitent pas à prendre des bénéfices.
Une mauvaise surprise dans ces résultats pourrait, dans le contexte actuel, entraîner une correction sévère sur les marchés, avertit Andreani. Selon Florian Ielpo de Lombard Odier, bien que l'IA continue de soutenir le marché américain, les conséquences de la guerre en Iran influencent le moral des investisseurs.
- Les Bourses européennes demeurent solides -
Donald Trump a annoncé lundi avoir annulé une attaque planifiée contre l'Iran, affirmant qu'il voyait de "très bonnes chances" d'atteindre un accord avec Téhéran. Cette décision a apporté un répit aux marchés boursiers européens, selon Andreas Lipkow de CMC Markets. Cependant, il souligne que la situation reste instable et pourrait se dégrader à tout moment.
Bien que la tendance ait légèrement fléchi au cours de la séance, la plupart des indices européens ont réussi à éviter le rouge. Francfort a gagné 0,38 %, tandis que Paris (-0,07 %) et Londres (+0,07 %) ont terminé presque à l'équilibre. Milan a enregistré un repli de 0,65 %.







